9/11 ans

« Je suis grand, mais reste près de moi ! »

Mais qu'est-ce qu'ils veulent donc ? Quand on n'est pas là, ils ne sont pas contents et, quand on est là, on ne les voit pas. Soit ils sont dans leur chambre, porte fermée et musique à fond, soit ils demandent d’aller chez un copain ou une copine. Dès qu'on s'absente, même pour une heure ou deux, ils appellent : « Mais t'es où ? J'ai faim, y a plus rien dans le frigo... Tu rentres quand ? Je m'ennuie. »

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C'est que nos jeunes ados commencent seulement à s'exercer à l'autonomie. Ils sont un peu comme les petits enfants qui marchent depuis peu et s'aventurent de plus en plus loin à condition qu'on ne les perde pas de vue. Si, tout à coup, ils ne voient plus papa ou maman, c'est la panique. Nos plus grands font pareil : s'ils savent maman à la maison, ils peuvent ne pas la voir de tout l'après-midi, aller chez un copain, faire un tour à vélo puisqu'ils peuvent à tout moment revenir à la maison et la retrouver puisqu’elle est toujours là.
Et c’est ainsi que se font les apprentissages : ils y vont, timidement au début, puis, par la suite, avec toujours plus de conviction.

Audacieux ou prudent ?

Il y a les téméraires et les peureux. Ainsi, Zoé, du haut de ses 11 ans, demande à sa mère de partir en train passer un après-midi en ville avec ses copines, alors qu'elle oublie régulièrement ses affaires de gym et a besoin d'un coup de pouce pour faire ses devoirs. Par contre, Denis, en première secondaire, n'ose pas encore prendre le bus seul pour rentrer de l'école.
Pas facile de s'y retrouver: jusqu'où peut-on les laisser faire ? Comment être dans la bonne mesure ? C'est comme pour tout : un petit peu à la fois, en fonction de leurs compétences et en tenant compte des risques. Certains enfants voyagent seuls en bus, tram, métro et train, très tôt. D'autres sont tellement distraits à 12 ans et plus qu'on les retrouve à Arlon alors qu'ils voulaient aller à la mer !
L'apprentissage de l'autonomie se fait petit à petit, en fonction du caractère, de la personnalité, des compétences de l'enfant. Il y a les audacieux qu'il faut un peu freiner et les plus timorés qu'il faut un peu pousser.

Attentifs sans être (trop) curieux

Il faut aussi tenir compte de votre personnalité à vous, parents. Vous êtes aussi des audacieux ou des timorés. Certains d'entre vous paniquent à l'idée de voir grandir leur petit poussin et risquent peut-être de se retrouver avec un Tanguy de 30 ans encore à la maison. D'autres, par contre, laissent tellement de liberté à leur jeune que ce dernier se retrouve dans des situations extrêmes avec le sentiment qu'il ne compte pas pour ses père et mère qui le laissent prendre de tels risques.
Comme toujours, c'est dans le dialogue que vous allez trouver ce qu'il y a de plus adéquat. Mais dialogue ne veut pas dire curiosité maladive. Vos jeunes ont besoin d'avoir leur jardin secret. Si vous vous montrez respectueux de leurs idées, projets, envies, questions sans les assaillir de jugements du style : « De mon temps, tout était mieux », ils pourront plus facilement vous faire confiance. Vos jeunes adorent vous entendre raconter les histoires de votre époque, vos chahuts et bêtises. Cela fait du bien de découvrir que les parents sont passés par là et sont devenus des adultes responsables, tout en sachant que chaque situation est différente : la vôtre n'était pas meilleure que la leur.
Soyez aussi curieux de leurs centres d’intérêt: musiques, jeux, mode. S'intéresser à leurs goûts ne veut pas dire les partager, ni tout accepter. Les parents qui pensent devoir se déguiser en ado pour avoir une bonne relation avec leur enfant font fausse route. Les enfants ont besoin d'avoir des parents adultes, pas des parents copains. Les copains, ils en ont suffisamment et ils ont le même âge qu'eux.

Mireille Pauluis

EN PRATIQUE

Jusqu'où le laisser aller ?

Quelques exemples pour vous aider à le lâcher… en douceur :

  • Sam a 8 ans et demande de faire du vélo. Vous lui répondez oui en lui indiquant de ne pas dépasser telle maison et de régulièrement passer la tête pour montrer que tout va bien. Quelques semaines plus tard, vous le laissez aller un peu plus loin. Enfin, vous lui permettez de faire le tour qu'il a déjà fait en votre présence, mais avec un copain (en cas de chute). À 11 ans, il pourra aller jusqu'au village voisin.
  • Karim veut expérimenter le train. La première fois, il le fait, accompagné d’un adulte qui lui explique les tableaux informatifs et autres règles d’usage. Puis, il prendra le train seul, mais avec un adulte au départ et un adulte à l'arrivée. Les trajets plus complexes avec des changements ne viendront que plus tard.
  • Noémie veut aller seule au centre commercial. Vous lui proposez une demi-heure de liberté pendant que vous faites des courses ; puis, petit à petit, vous lui accordez davantage de temps. Attention : fixez le budget avant de la lâcher !
  • Les SMS peuvent être utiles pour la sécurité affective des parents et de l’enfant.
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