Vie de parent

Anorexie, boulimie :
parler peut sauver

Les troubles du comportement alimentaire ne cessent de croître en Belgique : plus d’un millier de nouveaux cas chaque année, selon Anorexie Boulimie Ensemble, qui lance le 067/22 21 20, une ligne d’écoute et d’accès à l’information. Reconnaître la maladie, choisir un thérapeute, déterminer un objectif de poids : votre ado a besoin de vous !

Anorexie, boulimie : parler peut sauver

Les troubles alimentaires débutent généralement à l'adolescence et 30 à 50 % ne sont bien souvent pas diagnostiqués, quand les symptômes sont partiels et peu visibles. Dix ans plus tard, 60 % de ces jeunes consulteront pour des altérations significatives de leur santé physique et psychologique.
L’anorexie demeure la maladie mentale la plus mortelle : 0,5 % à 1 % des adolescentes en souffrent. Elle est fatale à 5 % de ceux qui en souffrent et chez les jeunes, elle représente la deuxième cause de décès après les accidents de la route. Les troubles du comportement alimentaire (TCA) touchent en particulier les jeunes filles entre 15 et 19 ans, soit 40% des cas recensés en Belgique, mais les garçons et les adultes sont aussi concernés.

« J’ai mis des années à m’en sortir. J’en étais venue à détester mes parents, leur inquiétude me pesait. Je passais mon temps à les éviter ou à mentir, je ne voulais pas de leur aide. L’ambiance à la maison était infecte, on se disputait tout le temps. Aujourd’hui, je reste fragile et je témoigne pour que les jeunes puissent trouver une écoute le plus tôt possible. Parler peut sauver ».
Madi, 24 ans

Familles en détresse

Face à une ado anorexique, les familles se sentent impuissantes. Comment faire face à la souffrance de son enfant ? Sachez qu’un dépistage précoce permet un meilleur pronostic de guérison. La durée moyenne de l'anorexie et de la boulimie est de six ans, mais varie entre un an et demi et toute une vie.
« Des mamans totalement démunies, j’en reçois régulièrement dans mon cabinet, raconte une nutritionniste de Bruxelles. Elles sont en première ligne quand frappe la maladie. Elles ne savent pas quoi faire. La maladie est insidieuse, elle s’installe petit à petit. Elles se sentent coupables, elles n’ont rien vu venir. Elles ont peur. Et elles se sentent très seules. Une première ligne d’accès à l’information ? Je suis tout à fait favorable à ce type d’initiative. »
Les personnes malades ont besoin de l’affection et du soutien de leurs proches pour sortir de l’engrenage, armez-vous de patience et faites-vous aider : surtout, ne restez pas seuls !

Aya Kasasa

Que faire ?

  • Reconnaître les signaux d’alerte : régimes à répétition, hyperactivité sportive, préoccupations exagérées autour du corps, perfectionnisme.
  • Se documenter sur les pathologies TDA : votre intuition est juste, le comportement de votre ado n’est pas normal.
  • Résister à la résistance : l’adolescent est en plein déni et il est convaincant…
  • Sortir du silence : rechercher conseil auprès des spécialistes.
  • Ne pas culpabiliser : participer à des entretiens familiaux, à des groupes de paroles pour parents ou à une thérapie multifamiliale.
  • Impliquer les proches : grands-parents, frères, sœurs. Mais...
  • Ne pas les laisser se donner pour mission de faire remanger l’enfant, ce n’est pas leur rôle!

Des pistes

MIATA, Maison d’information et d’accueil des troubles de l’alimentation est une association de soutien aux parents et proches de personnes souffrant d'anorexie mentale, de boulimie et de troubles des conduites alimentaires apparentés. Elle offre une information claire, objective et plurielle ainsi qu’une liste des sites médicaux, des centres et des associations de soins spécialisés sur tout le territoire. Elle accueille les parents qui se retrouvent pour des groupes de parole, des rencontres, clubs de lecture et conférences. Toutes les activités sont gratuites. Contact parental : Jean-François Cats - 0475 76 58 58