Vie de parent

Attentats : une BD pour gérer
les angoisses des enfants

Deux mois après les attentats de Bruxelles, six après ceux de Paris, les enfants ont encore des questions, des craintes aussi parfois. Une bande-dessinée permet d'aider les parents à trouver les bons mots.

Attentats : une BD pour gérer les angoisses des enfants

Les attentats sont passés. Mais deux mois après, ils résonnent encore en chacun de nous. Les enquêtes se poursuivent. La place de la Bourse demeure un lieu dédié au recueillement. Les médias publient les portraits des victimes... Chacun a bien sûr repris ses habitudes et son train-train.

Les enfants aussi. Le Ligueur avait balisé le terrain pour permettre aux parents de répondre aux craintes des enfants au lendemain des attentats. Comme avant, ils jouent à la guerre, sans trop se rendre compte (et tant mieux). Mais, comme les grands, ils n'oublient pas. Et de temps en temps surgit une question, une crainte :

« Est-ce que ça va revenir ? »

« Qu'est-ce qu'on fait si ça arrive encore ? »

« On va où quand on meurt ? »

L’écouter et le comprendre

Il est parfois difficile de savoir comment leur parler et réagir à leurs questions. C’est pourquoi Hélène Romano, docteur française en psychopathologie, publie une bande dessinée : Après l'Orage, aux éditions Courtes et Longues.

L’idée est d’aider les parents à trouver les bons mots afin de gérer le stress post-traumatique des enfants. « Ce qui est important ce n'est pas tellement la réponse mais de faire comprendre à l'enfant que le parent est là. Il ne s'agit pas de répondre du tac au tac. Dire que l'on va y réfléchir et essayer de lui expliquer, c'est déjà lui montrer qu'il peut avoir confiance, que le parent va le protéger de ses angoisses », expliquait Hélène Romano sur Europe 1. « Il faut bien comprendre ce qu'il a théorisé, lui, dans sa tête pour le confronter à nos propres théories d'adultes. »

Éviter qu’il se sente coupable

En bulles et en images, la BD guide les parents sur les petites choses qui permettent de rassurer les enfants. « Les enfants sont parfois plus vite effrayés par le bruit en rue, lors d’une manifestation par exemple. Il y a une certaine confusion. Il y a du bruit, de l'agitation, parfois quelques dégâts. Ils demandent si ce sont les mêmes terroristes, comment réagir si ça revient. »

Il faut aussi éviter qu’ils culpabilisent. « Quand il y a un drame, les enfants pensent que cela peut être à cause d'eux. D'où la nécessité de pouvoir comprendre pourquoi ils se sentent coupables pour mieux leur expliquer que ce n'est pas du tout lié à ce que, eux, peuvent penser. Qu'ils ne sont pas responsables. »

Bien sûr, si les angoisses persistent, que l’enfant a des maux de ventre, s’il ne veut plus sortir de chez lui ou ne dort plus, il ne faut pas hésiter à demander l’aide d’un spécialiste.

Stéphanie Grofils

Interview d'Hélène Romano

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