Vie de parent

Bilan et défis

L’année 2019 s’est terminée il y a quelques jours, enterrant une année riche en rebondissements politiques. 2019 était une année électorale, synonyme de réformes qui mettent un point final à une législature. Ce fut aussi une année de campagne, entraînant son lot de débats et de nouvelles propositions. Après les élections, vient l’heure de transformer les promesses en projets et en actions concrètes. Profitons donc de ce début d’année pour jeter un œil sur les dossiers familles de 2019 et ceux qui feront l’actu en 2020.

Bilan et défis

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) a fait passer en début d’année 2019 une réforme assez conséquente des milieux d’accueil pour la petite enfance (0-3 ans). Cette réforme, soutenue par la Ligue des familles, vise à augmenter encore la qualité de l’accueil. Son entrée en application a été partiellement reportée de six mois afin de se concerter et éventuellement de changer certaines dispositions. C’est une mauvaise nouvelle, car les dispositions qui sont reportées concernent notamment les milieux d’accueil à finalité lucrative qui coûtent plus cher aux parents. En effet, la réforme prévoit qu’à terme, toutes les crèches devront être non lucratives (en asbl), et c’est notamment cette disposition qui va être réévaluée.

Bruxelles et la Région wallonne ont basculé au 1er janvier dans un nouveau régime d’allocations familiales. Si les conditions des réformes sont connues depuis un moment, il reste des sujets à suivre de près. Premièrement, la capacité de Bruxelles à réussir la régionalisation du paiement des allocations familiales (les autres entités ayant basculé dans le système en 2019) : nous serons attentifs à ce que chaque famille reçoive le juste montant en temps et en heure, jusqu’ici tous les signaux sont au vert. En Région wallonne, l’enjeu tourne plutôt autour des solutions qui seront mises en place pour les parents à cheval sur les deux systèmes d’allocation (un enfant né avant le 31/12/19 et un autre après le 1/1/2020). Ils sont les perdants de la réforme, car ils cumulent les désavantages des deux systèmes. Jusqu’ici, aucun budget n’a été débloqué par la Région wallonne pour compenser cette injustice, malgré les mises en garde, les pétitions et les attentes de familles wallonnes.

Au niveau wallon toujours, la mesure des titres-services pour garde d’enfant a fait couler beaucoup d’encre. Si cette disposition vise à résoudre une vraie difficulté pour les parents, il y a de nombreuses inconnues qui nous incitent à rester extrêmement prudents sur la mesure. Rappelons que la Ligue des familles estime qu’il y a d’autres leviers d’action sur la question de l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle. Est-il normal d’être obligé de faire garder son enfant pour permettre aux parents de travailler plus tard ? Nous ne le pensons pas.

Et demain ?

Au niveau de l’enseignement obligatoire, 2020 devrait voir arriver une réforme du décret inscription. Par ailleurs, le Pacte pour un enseignement d’excellence semble maintenu. On attend de lui qu’il continue à développer ses effets, mais aussi à proposer un atterrissage sur des mesures concrètes. Nous pensons notamment à une réforme des rythmes scolaires qui pourrait atterrir d’ici deux ou trois ans. 2020 verra s’étendre aussi les mesures pour la gratuité scolaire en 2e maternelle, et nous continuerons à revendiquer un enseignement gratuit et plus égalitaire pour tous.

Au niveau fédéral, nous serons extrêmement attentifs à deux dossiers importants pour les parents, à savoir l’allongement du congé de paternité et la fin du congé de maternité raboté pour les mères qui sont en arrêt maladie avant l’accouchement. Ces propositions font l’objet d’un large soutien de la société civile, mais aussi de propositions de loi qui ont été déposées au parlement, il reste à trouver un consensus et à le concrétiser.

À tous les niveaux de pouvoir, mais principalement au fédéral, la question de l’individualisation des droits (campagne « Sous le même toit ») est portée par une large gamme d’associations de la société civile. Car le statut de cohabitant handicape de nombreuses familles (et principalement des femmes) dans leur liberté à vivre sous le même toit et à bénéficier de revenus de remplacement corrects.

En matière de mobilité, les déclarations de politique régionale ont des objectifs ambitieux : gratuité pour les jeunes aux TEC et à la STIB, développement du vélo et des modes de transport doux, etc. C’est tout bénéfice pour la mobilité et le portefeuille des familles, mais aussi pour l’environnement qui reste une de leurs préoccupations majeures. Cependant, nous resterons attentifs à deux éléments : que les moyens débloqués soient à la hauteur des ambitions affichées et que la mobilité des familles soit prise en compte dans le développement de l’offre de transports en commun qui ne doit plus se concentrer exclusivement sur le trajet domicile-lieu de travail.

Des propositions en attente

Enfin, lors de l’année qui vient de s’écouler, la Ligue des familles a présenté plusieurs propositions innovantes pour améliorer la vie des parents : un congé de conciliation pour permettre aux parents de faire face aux urgences et imprévus familiaux, une réforme fiscale familiale pour mieux soutenir les familles d’un et deux enfants, un dispositif d’aide aux parents qui se séparent, une allocation loyer et une réforme visant à rendre les crèches accessibles à toutes les familles. Ces mesures ont reçu un accueil positif et plusieurs partis politiques se sont engagés à y donner suite au cours de la prochaine législature. Nous ne manquerons pas de vous tenir informé·e·s.

Nous le voyons, 2020 sera pleine de défis passionnants. La Ligue des familles est prête à les relever avec vous !

Christophe Cocu, directeur général de la Ligue des familles