Vie de parent

« C’est décidé, je partage...
mes corvées »

« Nous avons un tableau des corvées et, cette rentrée, nous allons nous y tenir. À chacun sa propre tâche. Première résolution ? Qu’il soit lu ! Comment ? En rappelant tout simplement à ma tribu - principalement masculine - de jeter un œil dessus. Jusqu’à ce que ça devienne une habitude. Je passe donc la main pour tout ce qui est lave-vaisselle, débarrasser la table, passer l’aspirateur, aider à étendre le linge et autres joyeuses tâches »
Virginie, maman à la tête d’une famille recomposée : Marguerite, 6 ans, Gaston, 13 ans, Albert, 16 ans, Jean, 16 ans, François, 17 ans et Max, 18 ans

« C’est décidé, je partage... mes corvées »

Pour cette rentrée, pourquoi ne pas s’avouer que vous n’avez pas les pleins pouvoirs ? Mais non, ce n’est pas un aveu d’impuissance, il s’agit d’être lucide et de s’employer à multiplier les forces. Cela ne demande qu’un tout petit peu d’organisation et, le plus dur pour certains, de solliciter un peu d’aide. Non, ce n’est pas un gros mot. La preuve.

Sophie, un bébé de 3 mois et une fille de 4 ans :
« Les grands-parents : un luxe ! »
Moi aussi, je décide de déléguer davantage. Plutôt que de courir à droite ou à gauche, à culpabiliser en me disant que ma fille m’attend à la garderie, j’ai mis en place un relais avec les grands-parents. Elle passe un jour avec mes parents, l’autre avec mes beaux-parents. Il y a un jour où je peux venir la chercher, un autre où elle a une activité sportive. Elle n’a plus qu’un jour de garderie par semaine. C’est le changement de la rentrée : on accepte toutes les bonnes volontés. C’est un véritable luxe de se dire que ses enfants peuvent souffler.

Personne pour aider !

Annie, maman solo de quatre enfants de 6 à 18 ans :
« Je me démerde toute seule ! »
Je suis désolée de casser l’ambiance « happy family », mais moi j’habite loin de mes parents. Les pères de mes mômes sont absents, tarés ou les deux… Donc, se faire aider, j’adorerais, mais quand on n’a pas les sous et que la vie grouille, on fait comment ? Une nounou ? Pas les moyens. Un baby-sitter ? Trop cher. Je suis ma seule aide.

Eléonore, maman solo de trois enfants de 6 ans, 8 ans et 10 ans :
« Ne pas avoir peur de demander »
Je n’ai pas quatre enfants comme Annie, c’est sûr, et je m’en sors financièrement. Mais ça n’a pas toujours été le cas. Une chose est certaine : on a plein de gens autour de nous, prêts à nous aider. Il faut savoir passer la main auprès des proches, des parents copains de l’école. Et il existe pas mal d’initiatives entre nous aussi pour se relayer. Peut-être même que la Ligue des familles pourrait chapeauter des groupes de papas et de mamans qui troquent leurs heures de garde ? Une sorte de Uber du baby-sitting, mais entre parents ? Il existe un groupe en France qui s’appelle trocmamans.com. Pourquoi ne pas le décliner à la sauce belge ?

Comme le suggère Eléonore, peut-être que lâcher prise tout en tendant davantage l’oreille vous permettrait de découvrir d’autres parents dans la même situation que vous et prêts à joindre leurs efforts aux vôtres ? Essayez, vous n’avez rien à perdre !

Devoirs : stop ou encore

Virginie, six enfants de 6 à 18 ans :
« Je veux les suivre tous ! »
Je me suis arrangée comme Sophie pour que ma petite dernière ait le moins de garderie possible. Mes parents et mes beaux-parents viennent la chercher en moyenne trois fois par semaine. Seul point sur lequel j’insiste et pour lequel je serai intraitable cette année : je veux suivre les devoirs de chacun pour qu’ils démarrent tous dans les meilleures conditions possibles.

Fatima, deux enfants de 6 et 10 ans :
« Un pas de géant vers l’autonomie »
Moi, à l’inverse, je profite de cette rentrée pour lâcher du lest. On s’est dit cette année qu’on encadrait trop l’aîné et qu’on était en train de dériver. Dans le partage des tâches, c’est mon mari qui fait les devoirs. Le problème ? C’est qu’il s’implique trop et génère pas mal de stress. Du coup, dès septembre, on sera moins derrière eux. On laisse l’aîné organiser la façon dont il va étudier. Un pas de plus vers l’indépendance, je suis certaine que ça va être bénéfique à toute la famille.

Florian, deux garçons de 12 et 16 ans :
« Je déteste ça »
J’aurais tendance à être comme le mari de Fatima : les devoirs, c’est trop de stress. Après le boulot, se remettre au turbin, non merci ! J’ai opté pour une gentille étudiante que des copains nous ont recommandée. Le meilleur échange de bons procédés qui soit… quand on peut se le payer, évidemment ! Je rentre, je fais à manger. Après le souper, je jette un œil sur les exercices et c’est plié. En plus, je crois bien que le grand en pince pour elle. Mais ne l’écrivez pas, hein, je ne voudrais pas compromettre ses chances !

Même si vous avez, comme Florian, une gentille petite étudiante qui accompagne vos enfants pour leurs devoirs à domicile, sachez qu’un décret voté en 2001 limite la durée de ces devoirs en primaire :

- 1re et 2e : zéro devoir, si ce n’est lire une histoire, la raconter ou relater sa journée. Une manière de consolider les acquis et de suivre les progrès pour les parents.
- 3e et 4e : pas plus de 20 minutes de devoirs.
- 5e et 6e : 30 minutes maximum, sauf cas exceptionnel (exposé à réaliser, par exemple).

Goûter et collation : leçon d’autonomie

Éléonore, maman solo de trois enfants de 6, 8 et 10 ans :
« C’est les filles qui la font »
C’est bête, un parent, parfois ! J’ai mis toute la maternelle de mon aînée à mettre au point une idée toute simple que j’applique du coup aux deux autres. « La boîte à goûter ne te plaît pas ? Tu sais où est le tiroir, tu la remplis sous mes yeux avec des trucs que tu vas manger ». Et ça marche ! Évidemment, il faut bien surveiller, sans quoi vous pouvez vous retrouver à alimenter toute la garderie. Ils sont très généreux, à cet âge-là !

Priscilla, maman solo de trois enfants de 3, 5 et 7 ans :
« Je suis anti-collation »
Au goûter, qu’il y ait des crasses, je trouve ça normal. C’est leur shoot de sucre pour repartir du bon pied jusqu’au souper. Pas de problème. Ce qui me chiffonne, c’est la collation du matin. Même une pomme, même une carotte mauve, je m’en fiche. C’est leur donner l’habitude de manger un petit truc avant le repas de midi. Du coup, mes enfants se disent qu’ils peuvent zapper le petit déj,’ puisqu’ ils se rattraperont sur la collation s’ils ont un petit creux.

Farka, deux filles de 14 et 16 ans :
« Des légumes dans la boîte à tartines »
Depuis la fin de l’année dernière, j’ai réussi à mettre des légumes dans la boîte à tartine ! Comment j’ai fait ? Je suis partie du principe du bento, la boîte à tartines japonaise. J’y suis allée petit à petit. D’abord du blé avec des morceaux de viande, du riz avec du poisson, puis j’ai commencé à rajouter un peu de légumes râpés et enfin des légumes vapeur. Cet été, elles ont passé leur temps à fabriquer leurs boîtes à bento et à en confectionner pour leurs copines.

Très bonne idée que celle de Farka : ajouter une petite touche d’inédit pour faire passer des recettes saines et équilibrées. Ce fameux bento, c’est l’équivalent de la gamelle française, du baon philippin, sauf que, ici, l’esthétique prend le dessus. Enfants et ados l’adorent. Le seul souci ? Penser à des ingrédients qui peuvent attendre au moins une demi-journée avant d’être consommés ou réchauffés l’hiver. Jetez donc un œil sur bentoandco.com

Moins de stress pour la santé

Yann, trois enfants de 11, 14 et 17 ans :
« Une rentrée vitaminée »
Ma façon de me faire aider, c’est d’avoir recours à quelques petits coups de pouce vitaminés pour mes enfants. Je vais vers les remèdes les plus naturels possible, comme la cure de vitamine C, par exemple. J’ai lu des choses géniales sur l’apithérapie et les vertus du pollen. J’ai bien envie d’approfondir le sujet, mais je ne sais pas trop quoi en penser.

Eléonore, maman solo de trois enfants de 6, 8 et 10 ans :
« Pouah, les poux ! »
Alors, trois enfants, trois têtes bouclées dont les bébêtes raffolent. Les parents qui n’ont pas ce genre de problèmes ne comprendront pas, les autres seront compatissants. Je n’arrête pas de trifouiller leurs cheveux. Elles se les refilent, en chopent en stage ou à l’école. Ce que je fais, c’est que je les traite en deux fois. Je laisse reposer un produit à base de silicone parfois une nuit entière. Je rince. Je sors le peigne fin anti-poux. Je lave tout ce qui est doudou, bonnet, manteaux à capuche, draps, housses d’oreillers. Et je repasse un coup pour les lentes. Ça n’arrête jamais, j’ai même songé à leur raser la tête pour pouvoir souffler…

Johane, deux enfants de 3 et 5 ans :
« Je suis une Hollandaise ! »
Je me fais aider, oui, par un vélo ! C’était la grande résolution de l’an dernier, arrêter transport et voiture. Maintenant, je dépose les deux enfants dans la même école. Un devant, un derrière, des sacoches, un T-shirt de rechange, du déo et je suis prête à parcourir la ville. Mes conseils : casque obligatoire pour tout le monde, gilet jaune - même si on a l’air débile -, une bonne béquille pour ne faire tomber personne et des bons cirés pour la météo belge.

Vous aimeriez prendre le biclou pour conduire vos enfants à l’école ou ailleurs, mais vous avez peur du trafic ? Vélo-Trafic organise une formation d'une demi-journée, encadrée par des bénévoles expérimentés qui vous aideront à acquérir les bons réflexes (bon positionnement, tourner, aborder un rond-point, évitez les portières, etc.). Toutes les infos sur gracq.org. Il existe aussi ce type d’informations pour vos enfants chez provelo.be.

Et du côté du Ligueur ?

Myriam, rédac’chef, grand-mère d’une petite de 2 ans :
« Corvéable… volontaire ! »

Aurais-je une âme d’esclave ? Ou est-ce la nostalgie qui m’habite ? Qu’importe ! J’aime m’occuper de ma petite-fille et suis prête à répondre à tout appel de mes enfants contrairement à certaines mamies qui maugréent et se plaignent de manquer de temps pour elles. Ça me… comment dire… ça me régénère les sangs. D’accord, cette expression n’existe pas. En général, on parle de se ronger les sangs. Eh bien, moi, je ressens l’effet contraire. Cette enfant m’insuffle la vie… et ça fait un bien fou. Je n’ai jamais souffert de beaucoup d’addictions dans ma vie, mais peut-être que j’ai trouvé ma drogue : un petit bout de 87 cm. Attention, il est temps de relire le Ligueur,  m’dame la rédac’chef ! Une grand-mère « captative » n’est pas une bonne grand-mère !

Yves-Marie Vilain-Lepage

LES BONS CONSEILS DU LIGUEUR

À la maison

Help !
Votre entourage ne vous tend pas de main amicale pour vous aider ? Qu’à cela ne tienne, il existe des tas de sites géniaux qui peuvent vraiment vous faciliter la vie. À commencer par les groupes de parents solos sur Facebook.

Contre l’enfer des devoirs
Si vous avez le sentiment que les devoirs, c’est un deuxième boulot, il existe des solutions :

  • Pour 25 €/h en moyenne : superprof.be, professeurparticulier.be, apprentus.be, vont vous permettre de trouver un prof particulier dans votre région, en fonction des matières à approfondir. Ces sites vous garantissent de trouver un enseignant compétent.
  • Pour 15 €/h en moyenne : yoopies.be  met à disposition des étudiants. Enfin, vous pouvez aussi vous adresser à la Maison des Jeunes de votre commune qui dispose d’une liste de candidats. Rien ne vous empêche de demander à ces derniers leurs notes dans les matières concernées.

 À l’école

Chassez-moi mes poux !
Les poux, c’est l’horreur, en effet. Foi de papa de petite « pouilleuse ».

  • Si les remèdes naturels type mayo, huile ou vinaigre ne sont d’aucune utilité aux grands logeurs de poux, les traitements chimiques peuvent entraîner des irritations cutanées, des démangeaisons, etc. Certains sont même inflammables. Génial...
  • Une fois que tous les poux ont été éradiqués sur la tête de votre enfant et dans la maison (suivez la méthode d’Éléonore), pensez à attacher les cheveux de votre fille (nœud, barrette, serre-tête…). Moins les cheveux volent au vent, moins ils choperont les bébêtes des copains. Plus d’infos sur danseaveclespoux.be

Boîte à tartines, boîte à surprises !
On ne vous cache rien : sur la page Facebook du Ligueur, c’est la boîte à tartines qui revient pleine qui est le sujet qui fait le plus de bruit. Rassurez-vous :

  • Un gamin ou une gamine ne se laisse jamais mourir de faim, il ou elle se nourrit en piochant dans la boîte des copains.
  • Vérifiez si l’enfant n’a pas du mal à ouvrir sa boîte et qu’il n’ose pas demander de l’aide.
  • Variez les plaisirs en mettant sur les tartines tantôt du fromage, du jambon, tantôt du poulet, de la dinde ou encore un œuf dur ou une omelette, etc. Accompagnez le tout de quelques tomates-cerises, de concombres ou de crudités si votre enfant aime ça. Un peu de beurre pour rendre la tartine moelleuse et le tour est joué.
  • Évitez simplement les garnitures (l’américain préparé, par exemple) qui ne se conservent pas bien hors du frigo.

Dans la rue

Covoiturage
Comment s’organiser entre parents pour garder ou transporter les enfants ?

  • Commencez par collecter les mails des parents de la classe. Si ce n’est fait, créez un petit groupe pour pouvoir échanger des infos rapidement.
  • Ensuite, saisissez-vous du comité de parents, du conseil de participation ou de la direction de l’école. Une bonne façon d’approcher les besoins des parents.
  • Vous pouvez aussi faire une mini-enquête rapide avec des outils comme Google Forms pour créer des questionnaires et échanger sur vos habitudes de déplacements, les trajets, les activités, etc.