Vie de parent

Chacun cultive sa relation à l’autre

Et si nous consacrions notre dossier aux grands-parents ? À peine lancée, l’idée enthousiasme tous les membres de la rédaction. Après tout, jamais plus que ces six derniers mois, nous n’avons célébré et chéri le lien entre toutes ces générations qui unit une famille. Pourquoi ? Peut-être parce que le fil intergénérationnel s’est retrouvé malmené et qu’il a fallu cette crise pour réaliser combien on a besoin les un·e·s des autres. Voyons donc comment ces générations se partagent l’arbre.

Chacun cultive sa relation à l’autre

Trop facile l’analogie des arbres et de la descendance ? Oui. Trop tentante, surtout. Ici, c’est bien de verticalité dont il s’agit. La famille comme lieu sacré où, à travers les âges, le ciel s'enracine à la terre.

Les petits-enfants ou arrière fouillent les profondeurs cachées du sol dans lequel se développent les racines et toute la mythologie du clan. Son tronc et ses branches maîtresses s’étendent vers les hauteurs où se balancent fleurs et fines ramures. C’est donc le lien entre tous ces organismes, symbole de la vie en perpétuelle évolution, dont nous allons parler dans les feuilles qui suivent.

Le tronc : les parents

Ligueur oblige, on ouvre donc ce dossier par les parents qui évoquent leurs propres parents. Pour poursuivre la symbolique, pas de forêt sans arbres tordus. Le changement de rôle ne se fait pas toujours en douceur. Maintenant aux commandes de son propre vaisseau famille, mères et pères nous confient comment ils voient manœuvrer leurs propres parents.

Un peu de hauteur : les grands-parents

Hors de question de s’arrêter en si bon chemin, nous donnons également la parole aux grands-parents sous l’arbitrage du Cirfase et des sociologues de la famille qui le composent. Les voilà entre deux âges. Ils sont une sorte de bouture entre le vieux monde qu’ils ont participé à changer et celui qui pousse sous leurs yeux parfois désabusés. Ce dialogue à trois générations est passionnant à observer et nous constatons que, même quand il y a guerre des territoires, les points de convergences ne sont pas si difficiles que ça à débusquer.

Les branches qui s’étendent :
les arrière-grands-parents

Enfin - cette crise aura eu ça de bon - repenser notre rapport aux aîné·e·s. Nous refermons ce dossier avec les arrière-grands-parents. Inquiétés, isolés, écartés. Dans la constellation famille, à l’heure où le savoir par la transmission n’a plus aucune espèce d’importance puisqu’on croit avoir accès à la mémoire du monde via un écran, quid de la transmission familiale ? Si jusqu’ici « Le vieux » n’était plus une valeur ajoutée, à tel point que les arrière-grands-parents n’apparaissent même pas dans les statistiques belges, on a le sentiment que depuis de la crise, le traitement que notre société organise pour les anciens pose question.

Tou·te·s sur le même arbre

Il est donc temps de réfléchir au sens que l’on veut donner à la solidarité familiale, à la place des anciens et à la place de la mémoire. Et c’est peut-être le moment de rappeler à tous ces habitants de l’arbre famille que tous se déploient dans une même direction : l’éducation de la marmaille. Ce dossier est aussi une façon de leur tirer un coup de chapeau à tous. Le Ligueur passe son temps à sonder les efforts parfois surhumains que font les un·e·s et les autres pour cultiver une ligne éducative commune, auprès de laquelle chaque membre du clan vient chercher ombrage, refuge et oxygène.

Dossier réalisé par Marie-Laure Mathot et Yves-Marie Vilain-Lepage

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Ils ont quitté la branche de la parentalité pour prendre un peu plus de hauteur, mais gardent un œil sur les jeunes pousses. Comment perçoit-on ce rôle de grand-parent, un étage plus bas, chez les parents ? Évidemment toutes les situations sont différentes et il peut y avoir des branches cassées, des ruptures familiales. Mais la sociologie dégage tout de même quelques tendances là où le lien intergénérationnel est encore bien présent. Petit tour d'horizon.

 

Quand les grands-parents nous parlent de leurs enfants

Après avoir sondé les parents, la parole est aux grands-parents. Comment envisagent-ils leur rôle ? Leur vision de la transmission converge-t-elle avec celle de leurs enfants ? Ils nous parlent de leurs liens avec leurs enfants, leurs petits-enfants et de cet équilibre parfois délicat que nous regardons en toute impartialité.

 

La transmission de grand-mère feuillage

Regardez le sommet de l'arbre, il est de plus en plus feuillu. Eh oui, les arrière-grands-parents sont toujours plus nombreux avec l'espérance de vie qui augmente. Une tendance qui n'est que temporaire puisque l'âge à la naissance du premier enfant, quant à lui, a tendance à reculer. C'est ce qu'a analysé Veronika Kushtanina, sociologue à l'université de Franche-Comté (France). Dans sa thèse, la maître de conférences a dépassé les chiffres pour étudier ce qu'est « l'arrière-grand-parentalité ».