Vie de parent

Des jouets pour les filles,
des jouets pour les garçons

Plongé dans sa liste, saint Nicolas a parfois de quoi rester perplexe. Sarah se destine à la chimie et voudrait un microscope, mais si l’on regarde les emballages de jouets – et les statistiques de choix d’études –, les sciences sont affaire de garçons. Sans parler des garçons qui rêvent de jouer au coiffeur ou simplement d’élever un jour un bébé…

Des jouets pour les filles, des jouets pour les garçons

Les garçons et les filles ont-ils une prédétermination naturelle à aimer le bleu ou le rose, le foot ou le patin à glace, les sciences ou les services aux personnes ? La réponse est non. Par contre, les individus - parents, grands-parents, frères et sœur, amis -, les groupes - les copains/copines de classe, les ami·e·s du quartier -, la société en général, s’attendent à ce que les petits garçons et les petites filles agissent d’une certaine manière. Ils apprennent aux enfants qu’il y a une identité de genre, qu’ils doivent s’y soumettre au risque d’être exclus du groupe, même si elle ne correspond pas nécessairement à ce que les garçons et les filles veulent pour eux-mêmes.

Un grand saint « dégenrant »

Fort de ce constat, saint Nicolas, accompagné de la Ligue des familles, a décidé de ne pas tenir compte de ces pressions sociales pour répondre librement aux souhaits des enfants. En suivant les demandes d’enfants sur sa liste, il a pris des jouets et les a « dégenrés » en y apposant des autocollants pour pouvoir ensuite les distribuer à sa guise.

La Ligue des familles en a profité pour lancer un message pour plus d’égalité en mélangeant les jouets dans les rayons. Une équipe motivée a investi le magasin, prenant des jouets genrés pour les changer de rayon en mêlant allègrement jouets « de filles » et « de garçons ». Le message est clair : laissons nos enfants aimer les jouets de leur choix, sans les brider avec des clichés de genre. En accompagnant saint Nicolas dans cette action symbolique, la Ligue des familles incite les parents à s’interroger sur ces stéréotypes qui perdurent – parfois de façon inconsciente – dans notre façon d’éduquer nos enfants.

Moins de clichés, plus d’égalité

Nous avons tendance à penser que, en Belgique, on vit désormais dans une société égalitaire. Dans ses analyses, la Ligue des familles a pourtant constaté que les écoles, l’espace public, les tâches domestiques ou encore la prise en charge des enfants restent très marqués par les stéréotypes de genre. Des clichés qui ne permettent pas d’atteindre l’égalité homme-femme et génèrent des discriminations.

Quel que soit son sexe, un enfant devrait avoir le droit d’aimer les poupées, les voitures, le rose ou le bleu ! Mais aussi, plus tard, de choisir librement son métier, son caractère, sa façon d’aimer… C’est la condition indispensable pour qu’émerge finalement une société dans laquelle la répartition de l’éducation ou des tâches ménagères au sein du couple ne sera plus dictée par le sexe. 

Cette action s’inscrit dans le cadre de la campagne de la Ligue des familles « Fais pas ton genre ! », qui va durer un an et invite les parents à la réflexion grâce à un quiz, des rencontres et des ateliers.

Christophe Cocu, directeur général de la Ligue des familles