Vie de parent

Épileptique, pas malade mental

L'épilepsie est une maladie souvent victime de préjugés. Or, les épileptiques ont un cerveau qui fonctionne tout à fait normalement entre les crises. L'épilepsie n'est pas une maladie mentale. 

Épileptique, pas malade mental

Des convulsions et pertes de conscience ou des crises partielles accompagnées de courtes absences, les crises d’épilepsie sont diverses et parfois impressionnantes pour une personne qui ne sait pas comment réagir. Concrètement, elles sont provoquées par une perturbation de l’activité électrique du cerveau : un grand nombre de neurones cérébraux sont subitement activés, de manière simultanée et anormalement intense.

Chez les enfants aussi

Une épilepsie peut survenir à tout âge, y compris chez les enfants. Elle est même plus fréquente chez les jeunes, en raison de la maturation incomplète de leur cerveau. Mais une bonne partie des crises d’épilepsie chez l’enfant sont bénignes et disparaissent à l’adolescence. Les crises d’épilepsie généralisées avec perte de conscience sont assez rares chez les enfants. L’affection peut prendre diverses formes en fonction de l’âge.

Vers 6 ans apparaisent les premières crises : l’enfant arrête subitement toute activité et n’a plus de contact avec son entourage pendant une dizaine de secondes, puis tout redémarre. Ces absences peuvent se déclencher un grand nombre de fois par jour ; un traitement peut être nécessaire, pour éviter des difficultés scolaires ou des accidents.

Une autre forme apparaît vers 10 ans : ce sont le plus souvent des crises partielles nocturnes qui touchent le visage. D'autres crises se manifestent au début de la puberté sous la forme de secousses brusques et irrégulières, surtout au niveau des épaules et des bras.

La faute aux écrans

Les émissions lumineuses clignotantes peuvent favoriser le déclenchement de crises d’épilepsie chez certaines personnes. Cette photosensibilité s’observe en particulier chez les adolescents attirés par les écrans (télévisions, ordinateurs, jeux vidéo) ou qui fréquentent les discothèques. Tous les épileptiques ne sont pas photosensibles et il existe plusieurs types de photosensibilité. On peut tester cette photosensibilité à l’aide d’un électroencéphalogramme pour déterminer si des mesures de protection sont nécessaires : porter des lunettes foncées pour diminuer les contrastes lumineux, se placer à 3 mètres au moins de l’écran de télévision, ne pas regarder un écran dans la pénombre totale...

60 000 épileptiques en Belgique

En Belgique, on estime que l’épilepsie touche environ 60 000 personnes, et que 150 000 personnes feront un jour un épisode épileptique. Mais beaucoup sont minimes ou passent même inaperçus. Une crise peut être isolée et ne plus se reproduire. Il faut des crises répétées pour parler d’épilepsie.
Quand l’épilepsie n’est pas contrôlée, les crises récidivantes peuvent comporter de nombreux risques pour les patients au quotidien, souligne le Dr Michel Ossemann, neurologue : accidents, décès (mort subite, suicides…), sous-emploi et fonctions au-dessous des compétences réelles, niveau éducatif moins élevé, anxiété et dépression, problèmes de mobilité et d’organisation dus à la difficulté de garder son permis de conduire, diminution de la socialisation, troubles sexuels, etc.

Stop à la stigmatisation

Le cerveau d’un épileptique fonctionne le plus souvent normalement entre les crises. On ne peut donc parler de maladie mentale. Pourtant, des préjugés sociaux, alimentés par de l’incompréhension et des peurs non fondées, continuent à stigmatiser fortement les personnes atteintes d’épilepsie et contribuent aux problèmes psychosociaux auxquels sont confrontés les épileptiques.
« Beaucoup d’employeurs, voire des professeurs, n’osent pas travailler avec des personnes épileptiques par crainte des crises et pour des raisons d’image. Il y a de quoi se poser des questions », regrette le Dr Michel Ossemann. Et de préciser : « Il est plus que temps de la démystifier car 'il n’y a pas d’autre affection pour laquelle les préjugés sociaux sont pires que la maladie elle-même', comme le souligne très justement l’épileptologue de renom William Lennox ».

J.-P. V.

En savoir +

Plus d’informations sur le site de la Ligue francophone belge contre l’Épilepsie.

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