Vie de parent

Fermetures de classes et retour du masque: la rentrée se complique

Il se confirme que la rentrée scolaire reste sanitairement difficile. Depuis début septembre, des classes doivent fermer pour cause de cas Covid détectés. Par ailleurs, des établissements wallons renforcent les mesures de prévention. Ainsi plusieurs écoles ont décidé d’imposer, à nouveau, à tout moment, le masque dans les classes du secondaire. Face à cela, les parents s’interrogent. Et parfois, cela vient encore dynamiter le fragile équilibre vie familiale / vie professionnelle.

Fermetures de classes et retour du masque: la rentrée se complique

« Les promesses de vie normale sont bien loin. » Morgane donne le ton. Ce matin, alors que s’accumulent les témoignages de parents confrontés à des fermetures de classes, nous postons un message sur notre page Facebook pour savoir si des papas, des mamans, fidèles du Ligueur, sont concerné.e.s. Morgane est une des premières à répondre, entre découragement et défaitisme.

Combien de parents sont dans ce cas? Concernant la fermeture des classes en fédération Wallonie-Bruxelles, ne demandez pas de chiffres, c’est la bouteille à encre. Personne n’est en mesure de vous en donner. À un point tel qu’un « collectif de parents et d’enseignants solidaires » s’est arrogé la mission d’établir une carte interactive en fonction d’informations collectées sur le sujet. À un point tel que ce matin, le journal Le Soir s’est, de son côté, lancé dans un périlleux calcul en fonction des chiffres disponibles, d’estimations et de règles de trois. Au final, selon le quotidien, après comptes et décomptes, 147 classes seraient fermées. Pas scientifique, mais empirique. Tout comme le nombre de cas Covid estimés : 1293. Le Soir se voulant rassurant : « Cette rapide estimation du nombre de cas possibles ne correspond en réalité qu’à 0,03% de la population scolaire. »

Des fermetures ingérables pour les parents

Sauf que derrière les chiffres, se cachent des réalités. Pour chaque classe qui ferme, ce sont des dizaines de parents qui sont impactés. Christel s’insurge : « Faut arrêter de fermer à chaque fois la classe ou l'école. Les parents qui travaillent n'ont pas toujours de solution de faire garder leur enfant mis en quarantaine et qui est négatif ! Il faut absolument trouver une autre solution que la fermeture, cela devient ingérable ! »

Face à ces fermetures, la Ligue des familles a fait entendre sa voix ce mercredi. Pour l’instant, les parents peuvent encore recourir au chômage temporaire pour s’occuper de leurs enfants mis en quarantaine. Mais cela ne va pas durer. « La loi du 23 octobre 2020 étendant aux travailleurs salariés le bénéfice du régime du chômage temporaire pour force majeure corona dans les cas où il est impossible pour leur enfant de fréquenter la crèche, l'école ou un centre d'accueil pour personnes handicapées, cessera en effet de produire ses effets le 30 septembre. A plusieurs reprises, ce dispositif a déjà été prolongé. Mais à l’heure où l’ensemble des mesures de soutien liées à la crise covid sont remises sur la table du gouvernement fédéral, la Ligue des familles attire l’attention sur l’absolue nécessité de le faire à nouveau. »

Autre pomme de discorde : le masque

Voilà une première interrogation des parents, liée à la fermeture des classes. Mais une autre survient. Celle-là se niche dans l'application des mesures liées au port du masque. Valérie témoigne : « Dans l’école de mes enfants, on a réintroduit le port du masque obligatoire. » Petit rappel, en Wallonie (contrairement à Bruxelles), dans le secondaire, le port du masque n’est plus imposé en classes. Il l’est seulement dans les couloirs, lors des déplacements. Mais voilà, face aux risques, des écoles décident d’être plus strictes que la circulaire sortie le 17 août dernier. Stéphanie confirme : « Le collège de mes garçons réimpose le masque en classe à partir de jeudi. » Lise-Marie renchérit : « Dans l'école de mes ados port de masque en classe dès demain. »

Le retour du masque en secondaire en Wallonie ? Eh bien oui, dans certains endroits cela se confirme. Exemple dans cette école de Waremme qui s’explique dans un message envoyé aux parents : « En à peine plus d’une semaine de cours, nous devons déjà déplorer dans nos établissements plusieurs cas positifs parmi nos élèves et le personnel. Et dans la mesure où tous les élèves voisins du cas positif ne portent pas de masque, ils sont considérés comme à haut risque et doivent dès lors être écartés, mis en quarantaine et se faire tester, ce qui n’était pas le cas lorrsque tous portaient un masque en classe. » La solution ? Elle ne fait aucun doute pour l’école en question : « Le conseil de direction de notre centre scolaire a décidé de réinstaurer le port systématique du masque en classe dès le jeudi 16.09.21 et jusqu’à nouvel ordre. »

Des décisions sans concertation ?

Ce genre de message a de quoi surprendre. Les écoles peuvent donc prendre des mesures plus strictes que les circulaires envoyées par la Fédération Wallonie-Bruxelles ? Au cabinet de la ministre de l'éducation, on affirme que tout cela était prévu dans la circulaire ad hoc. À un moment donné, si la situation sanitaire l’exige, on peut prendre des mesures plus fortes. « Et cela s’il y a une dégradation locale. Mais les mesures doivent être adaptées en fonction de critères objectifs. Raison pour laquelle, bourgmestre, pompiers, police etc. doivent être associés à la réflexion. Il doit y avoir une validation par un centre de crise. »

Cette dernière disposition vaudrait, selon le cabinet Désir, notamment pour le port du masque en classe qui est une thématique très sensible, qui pèse sur le quotidien des élèves. « Pour ce qui est de l’adaptation par exemple d’une circulation dans l’établissement, l’école est évidemment plus libre dans l’application des mesures. » Sauf que dans l’absolu et sur le terrain, la situation semble un brin différente. Revenons à Waremme où un groupe d’écoles a décidé de réinstaurer le port du masque en secondaire. À l'hôtel de ville, on est formel:  « Les établissements en question ne font pas partie du réseau d’écoles qui dépendent de la ville de Waremme. Il n’y a eu aucune concertation avec nous. Ce sont des initiatives qui ont été prises sans aucune concertation avec les pouvoirs en place.»

Entre chiffres de classes fermées approximatifs et prises de décisions sanitaires "isolées", cette rentrée scolaire de septembre, toujours placée sous le sceau de la crise sanitaire, semble encore se chercher un cadre à court, moyen et long terme. La demande, formulée par la ligue des familles, d’une prolongation du chômage temporaire pour les parents touchés par les fermetures de classe n’est qu’un élément d’un dispositif qui semble être en besoin de clarification. 

Thierry Dupièreux