Vie de parent

Gratuité des frais scolaires en primaire :
ce ne sera pas pour septembre

Depuis 2019, par étapes annuelles, la gratuité des frais scolaires s’est inscrite de façon forte et structurelle dans le fondamental. Grâce à ce rythme soutenu, depuis septembre dernier, toutes les années maternelles profitent désormais de mesures pour garantir cette gratuité. À la rentrée scolaire prochaine, on aurait pu espérer que le primaire suive le mouvement. Ce ne sera pas le cas.

Gratuité des frais scolaires en primaire : ce ne sera pas pour septembre

Dans notre numéro rentrée scolaire de septembre dernier, nous évoquions déjà le flou autour de l’agenda du chantier « gratuité » dans les écoles. Cette gratuité, elle est désormais acquise pour toutes les maternelles. Depuis septembre 2021, la 3e maternelle est, en effet, rentrée dans le périmètre des années scolaires où prévaut la gratuité renforcée par de nouvelles règles et mesures. Le mouvement avait été enclenché deux ans plus tôt avec la 1re maternelle, suivie rapidement de la 2e. En clair, un rythme annuel semblait s’imposer. Ce qui laissait espérer que la gratuité fasse sa joyeuse (r)entrée en 1re année primaire en septembre prochain.

Il y a quelques mois, nous étions prudents. Nous écrivions : « La Ligue des familles et les acteurs qui suivent de près le chantier gratuité espèrent maintenir la cadence annuelle avec un démarrage pour le primaire 2022 ». Il est question d’espoir, pas de certitude. Cet espoir, il est déçu. Dans les journaux du groupe Sud Presse, ce matin, la ministre de l’Éducation, Caroline Désir, douche les attentes.
« J’ai déposé, lors du dernier conclave budgétaire, une demande de budget complémentaire pour étendre les mesures de gratuité à l’enseignement primaire. (…) Cette demande n’a malheureusement pas abouti, pour différentes raisons mais certainement pas parce qu’il ne s’agit pas d’une priorité politique à mes yeux, au contraire. »

 « Ces niveaux représentent un coût plus important pour les familles et doivent donc également évoluer vers la gratuité »

Le nerf de la guerre ? L’argent. La gratuité entraîne des dépenses publiques par ailleurs. Ce que les parents ne dépensent pas, il faut le trouver ailleurs. Du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles, on nous confirme que la décision de dégager de l’argent pour l’application de la gratuité des frais scolaires en primaire n’a pas été prise en conclave budgétaire. « Il a fallu faire des choix, la situation financière de la Fédération Wallonie-Bruxelles n’est pas facile. On ne peut pas être sur tous les chantiers ». À l’Ufapec, l’Union francophone des associations de parents de l’enseignement catholique, on ne se dit pas surpris : « L’application de la gratuité des frais scolaires était liée à la concertation concernant le plafonnement des coûts des voyages scolaires et celle-ci n’a pas beaucoup avancé ».   

Du côté de la Ligue des familles, la gratuité dans le primaire est importante. Maxime Michiels, chargé d’études à l'association parentale, le rappelait encore il y a quelques mois : « À ce jour, rien n’est prévu - et encore moins voté - pour l’enseignement primaire et secondaire. Pourtant, ces niveaux représentent un coût plus important pour les familles et doivent donc également évoluer vers la gratuité. La Ligue des familles demande de poursuivre le mouvement et d’instaurer progressivement, la gratuité des fournitures scolaires et le plafonnement du coût des voyages à l’école primaire. Cela implique de veiller à un financement adéquat des écoles, afin que la gratuité ne soit pas perçue comme un frein à l’organisation de certaines activités ou à la bonne qualité de l’enseignement. »

Pour rappel, dans le maternel, les écoles reçoivent désormais une subvention de 62€ par élève. Ce montant couvre les dépenses pour le matériel ou pour les sorties scolaires. Les seules dépenses autorisées sont celles pour le plumier et le cartable. Pour le primaire, un tel dispositif attendra. 

T. D.

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