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Maxime... pour la vie

Hugo, Léa, Grégoire, Lucas, Marie… Choisir le prénom de son enfant peut devenir un véritable casse-tête. Mais dans le même temps, quel plaisir ! Un prénom qui plaît ? Oui, bien sûr mais encore faut-il éviter à son enfant d’être raillé dans la cour de récréation… ou de le pénaliser une fois devenu adulte !

Maxime... pour la vie - Thinkstock

Choisir un prénom est sans conteste l'une des activités favorites des futurs parents. Somme toute, c’est bien la première chose qu’on lègue à son enfant. Alors, chacun y va de sa méthode pour le singulariser par son prénom. Certains s'inspirent de leurs héros littéraires ou cinématographiques - Cassandre, Diane, Marguerite… ou Jennifer, Brad, Kevin - d'autres préfèrent se plonger dans leur arbre généalogique pour rendre hommage à l'un de leurs tendres aïeux.

Tendance ? Court !

Même si nous, parents, admettons difficilement avoir été influencés par la mode, le choix d’un prénom s’inscrit bel et bien dans une tendance. Les prénoms courts ont ainsi le vent en poupe tels que Tom, Hugo, Léo…  » On aime beaucoup les diminutifs, confie Laure. Plutôt que de choisir Théophile en hommage au grand-père de mon mari, nous avons choisi un compromis avec Théo qui est à la fois ancien et moderne. »
Souvent, il faut que le prénom ne soit pas « déjà pris », en tout cas dans l’entourage proche. Aussi, Jean-Pierre a-t-il cherché la perle rare : « Nous voulions un prénom original, plutôt court, mignon et pas trop difficile à orthographier. Nous avons longuement hésité entre Félicie, Léonie, Maëlys… finalement trop anciens à notre goût. Lilou a surgi comme une pure invention. Nous pensons que notre fille le portera avec aisance, y compris dans sa vie d’adulte. »
Globalement, tous les types de prénoms sont portés dans toutes les catégories sociales. Snobisme ou tradition, on rencontrera tout de même plus d’Alexandre que de Kevin dans les catégories socioprofessionnelles dites supérieures. Qu’on le veuille ou non, le milieu social exerce une influence forte sur le choix du prénom. Certaines traditions persistent dans les milieux bourgeois, particulièrement fidèles aux grands classiques d’antan : Jules, Charles, Jeanne et Louise figurent ainsi - pour l’heure - en bonne place dans des familles de France comme de chez nous. Le multilinguisme et le multiculturalisme belges peuvent expliquer le succès de prénoms plus consensuels propres à un environnement cosmopolite : Sara, Lara et Emma rencontrent également un franc succès chez nous, idem pour Luca(s), Noah et Nathan.

Ils ont la cote !

Les prénoms rétro, très en vogue depuis le milieu des années 2000, atteint aujourd’hui des sommets de popularité inédits. Lucas, forme ancienne de Luc, se hisse à la 2e place du classement masculin pour la troisième année consécutive. Chez les filles, c'est Emma, prénom germanique ultra-populaire au 18e siècle, qui prend la première place pour la cinquième année d'affilée. S'ajoutent désormais une foule de prénoms jugés jadis « ringards », aujourd'hui considérés comme le comble du chic.
En dehors du top 3 quasi inchangé (Lucas, Nathan, Enzo), les prénoms masculins voient la progression spectaculaire des Louis, Jules, Oscar et Arthur, tous les quatre classés dans le top 20. Chez les filles, derrière le trio de tête Emma-Jade-Léa, les Rose, Louise et Léonie ont le vent en poupe. « Aujourd'hui, les parents préfèrent se tourner vers des prénoms anciens, considérés comme des valeurs sûres », analyse Stéphanie Rapoport, auteur de L'Officiel des prénoms 2012, éditions First.
Autre tendance : la montée record des prénoms bibliques. Côté garçons, Noah, Eden et Samuel culminent tandis qu'Eva se hisse dans le top 15 côté filles. Une tendance qui devrait s'accentuer avec l’arrivée d’Aaron… Un éventuel intérêt retrouvé pour la religion ? Non, plutôt un goût partagé pour les prénoms courts et universels. À quand les Chrysole, Martel et autres Pétronille ? Les terminaisons en A sont aussi une valeur sûre chez les filles depuis la fin des années 1990 (vingt-trois prénoms en A dans le top 50 féminin !). Assistera-t-on bientôt à la naissance de petites Malia ou Sasha, comme les filles Obama ?

Valérie, Djamal... et Sam

Elle est Belge et lui d’origine algérienne. Ils ont choisi le consensus dans le respect des origines respectives : « Notre fils s’appelle Sam… Pensez ce que vous voulez ! »  Valérie explique : « On voulait un prénom qui soit une partie de chacun de nous. Nous voulions respecter les origines musulmanes de mon mari sans pour autant faire porter à nos enfants une connotation trop forte, voire négative. Car s’appeler Mohammed ou Yasmine reste une vraie difficulté pour l’avenir professionnel d’un enfant. Le prénom de mon mari, Djamel a été et reste un handicap majeur pour trouver du travail. On lui a même demandé d’adopter un prénom et un patronyme 'francisés' tout en gardant les premières lettres d’origine. Il a voulu éviter à nos enfants les souffrances que lui-même a vécues. Sam est le diminutif de Samir et de Samuel ce qui correspondait tout à fait à la symbolique que nous souhaitions : une symbiose des origines parentales. L’interprétation des amis nous amusait : 'Sam forcément comme Samir ? Ou Samuel ?'. Notre fils s’appelle Sam et peu importe ce que les autres pensent. Toujours au nom d’une certaine neutralité, le prénom de notre fille, Tessa, s’est imposé en souvenir d’une grande amie, Anastasia. Je le trouve très beau, exotique grâce au 'a' final comme la plupart des prénoms musulmans. Là encore, il y avait une possibilité que notre fille ne soit pas trop stigmatisée. Tessa, d’origine anglo-saxonne, est paraît-il le diminutif de Sainte Thérèse. On s’est trompé… pour l’exotisme ! Tout en sachant qu’ils portent un patronyme clairement musulman, nos enfants ont un prénom qui respecte quand même leurs origines. »

Corinne Le Brun

EN SAVOIR +

  • Prénoms des filles et garçons nés en Belgique.
  • À lire : En voiture Simone : 365 prénoms et expressions, Sylvie Brunet, éd. de l’Opportun - Psychologie des prénoms, Nicolas Guéguen, Éditions Dunod.
  • À voir : Le prénom, film de Mathieu Delaporte, avec Patrick Bruel, Charles Berling, Valérie Benguigui...