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Nathalie et Christophe, parents mobiles à Anderlecht

Nous avons rencontré Nathalie durant les vacances de printemps, entre deux excursions. Zita, 3 ans, loge chez sa grand-mère paternelle et Tom, 1 an et demi, se trouve à la crèche sur le chemin du travail de Christophe, le papa. Les trois pièces du rez-de-chaussée sont encore envahies de jouets et c’est sur la table du petit déjeuner que nous évoquons leur déménagement dans une maison anderlechtoise.

Nathalie et Christophe, parents mobiles à Anderlecht - © Bea Uhart

Leur ancienne maison se trouve au centre-ville, de l’autre côté du canal, dans une arrière-cour. « Elle était assez originale, précise Nathalie, avec une salle de bain dans la cave. Nous en sommes restés propriétaires, mais elle était devenue trop petite. Nous la louons à une maman et sa fille via une Agence Immobilière Sociale (AIS). Outre l’aspect social, l’agence s’occupe de tout, des loyers, des réparations, de l’occupation des lieux… C’est un système fort intéressant ».
Pour trouver une autre maison, le jeune couple s’y prend de manière méthodique, en établissant une liste de critères : quatre chambres, pour les enfants, des amis et aménager un bureau, car ils sont parfois amenés à travailler à domicile ; la proximité des transports en commun ; une terrasse ou un petit jardin ; ni rénovation, ni copropriété, suite à l’expérience précédente ; située si possible près d’un espace vert et d’une bonne école néerlandophone. Et pas question pour eux de retourner vers Namur, « une ville de couche-tôt », dit en riant Nathalie, à propos de leur région d’origine.
« Après neuf mois de recherche, tiens, comme une grossesse !, s’étonne joyeusement la jeune maman, celle-ci était la douzième que nous visitions ». Visitée le matin, achetée l’après-midi, la demeure répondait à tous leurs critères et même davantage… Elle offre notamment un étage de plus. Au premier, se trouve l’espace de psychomotricité que la propriétaire utilisait pour sa profession ! « On a ‘cliqué’ avec les anciens propriétaires, sourit Nathalie. On s’est découvert plusieurs points communs. Pendant un mois et demi, la dame a continué à exercer ses activités à l’étage alors que nous étions installés ».

Saint-Guidon, patron des… cyclistes

Leur maison se situe au cœur historique de la commune d’Anderlecht, un bonheur pour Christophe, diplômé en histoire de l’art, et offre une vue sur le superbe jardin de la Maison d’Érasme ainsi que sur la collégiale Saint-Guidon, « le patron des cyclistes !, blague Nathalie. C’est comme ça que nous le vivons car nous sommes cyclistes quotidiens ».
Eux qui cherchaient la proximité de transports en commun sont ravis avec le tram 81, des bus et une station de métro à trois minutes à pied. La station… Saint-Guidon, bien sûr ! Cerise sur le gâteau : des voitures Cambio à cent mètres de chez eux. Quand le joint de culasse de leur voiture lâche quelques jours avant le déménagement, ils décident de sauter le pas et de se passer de voiture.
« Pour un glorieux 224 €, on a revendu l’ancienne voiture et on a pris un abonnement Cambio et un autre pour le métro avec la prime Bruxell’Air. On va tester le système pendant un an, explique Nathalie. Jusqu’à présent, il y avait à chaque fois une voiture disponible. Le seul truc embêtant, c’est de fixer et retirer les deux sièges enfant. En prenant la voiture seulement en cas de nécessité, cela nous coûte 120 € par mois, bien moins qu’une voiture individuelle. On a gagné en qualité de vie en nous installant à Bruxelles. On ne se rend pas compte du confort gagné en se passant de voiture. De plus, ici, tout est à distance cyclable. Le temps gagné sur les trajets, on peut le consacrer aux enfants. On ne les presse jamais, c’est un luxe incroyable ». Symbole pour Nathalie de leur déménagement et de cette vie résolument mobile : la charrette à fixer au vélo, où les enfants sont assis pendant que papa ou maman pédale !

Comme un village

Autre atout indispensable : la proximité des services, des commerces et de grandes et moyennes surfaces. Ils fréquentent assidûment la bibliothèque Maurice-Carême et la ludothèque - toutes proches - qui organisent les Samedis des petits, où ils rencontrent d’autres parents. « Zita s’y sent complètement chez elle », précise Nathalie, qui ajoute qu’un ciné-club est organisé le mardi soir et dont le forum fait le plein de ses 199 places à chaque séance. « Le défi, cette année, est d’assister à la dernière séance pour y acheter l’abonnement ».
Nathalie égrène ensuite les nombreuses possibilités de ce quartier mixte et populaire : « Notre voisin immédiat tient une pizzeria. Une Maghrébine a ouvert un magasin bio et est fière d’être moins chère que d’autres. Hajer, la voisine d’en face, nous a prêté une brosse car nous avions cassé la nôtre. Il y a une brasserie bourrée de petits vieux qui y mangent tous les jours et nous refilent des tuyaux. Cette rue est un vrai village. L’ambiance y est bon enfant. Le bouche à oreille fonctionne. Le disquaire savait que nous étions une famille sympa alors que nous ne l’avions jamais rencontré ! En plus, la commune d’Anderlecht me semble particulièrement attentive aux seniors et aux bébés. Elle bouge pour se faire connaître, par exemple à travers le Festival Bouts d’choux. Chris a visité l’hôtel de ville suite à une info dans la brochure mensuelle très bien faite. Le dernier numéro propose une promenade sur les pas de Jacques Brel, un Booke Choco, petit déjeuner dans un bus sensoriel, des portes ouvertes à Veeweyde… J’ai l’impression qu’ils veillent aussi à la cohésion sociale. L’information circule bien, en français et en néerlandais ».

Mademoiselle Bouclettes et Monsieur Bisous

Surtout, Nathalie et Christophe disposent d’un atout charme imparable : les bouclettes de Zita qu’elle a visiblement héritées de sa maman ! Pour l’intégration dans la commune, ces deux petits bouts sont de vrais ambassadeurs. « Dans la rue, à la bibliothèque, au marché du mercredi où nous avons le rituel de la gaufre, mais aussi dans les transports en commun où l’on se parle peu, les enfants sont un passeport pour engager la conversation, raconte Nathalie. Nombreux sont ceux qui veulent toucher les bouclettes de Zita. Tom, lui, veut faire des bisous aux uns et aux autres. Avec Mademoiselle Bouclettes et Monsieur Bisous, il y a moyen de rencontrer la terre entière », se réjouit la maman. Sans compter qu’elle peut même compter sur sa fille comme interprète.
Suite à l’info donnée par les anciens propriétaires, ils ont inscrit Zita dans l’école Steiner d’Anderlecht, qui suit en néerlandais la pédagogie alternative de l’autrichien Rudolf Steiner. Une école qui vit au rythme des saisons et veille à la participation des parents. « Mais ce n’est pas un ghetto de bobos, prévient Nathalie. Vu l’endroit où elle se trouve, il y a une vraie mixité avec des familles du centre-ville et d’autres du quartier, des Allemands, des Chinois, des Maghrébins, des francophones, des Flamands, etc. La réalité y est très bruxelloise. Et le trajet à vélo à travers le parc des étangs est très chouette. Nous essayons aussi de mutualiser les déplacements ».
Dans les Fagnes où ils viennent de passer une semaine, Zita a parlé avec des néerlandophones alors qu’elle ne fréquente l’école que depuis six mois, ce qui fait dire à Nathalie : « Toutes les écoles belges devraient être bilingues ! ».

Bienvenue aux Potes et Papooses 

Les lieux ont une âme, dit-on parfois. Les habitants lui insufflent un esprit et c’est vraiment le cas ici. Cette maison invite à la fête et au partage. Nathalie nous explique que tous les vendredis, jour où elle ne travaille pas, les uns et les autres sont les bienvenus chez eux, sans s’annoncer, à partir de 16h30, pour improviser un apéro et un repas.
« Si nous sommes vraiment trop nombreux, nous commandons des pizzas chez le voisin. C’est ce que nous appelons le rendez-vous des Potes et Papooses, un mot indien pour désigner les enfants. Papa nous appelait souvent ainsi ! », se souvient Nathalie. Gageons que des Potes et des Papooses, cette maison va en voir défiler dans les années à venir et que, si un jour, vous déménagez dans le quartier de Christophe et Nathalie, leur porte vous sera ouverte…

Michel Torrekens

En pratique

  • Vous êtes prêts à témoigner du bon, du mauvais ou du non-accueil vécu lors de votre installation dans un nouveau lieu ? Merci de nous communiquer vos coordonnées pour un prochain portrait à l’adresse : m.torrekens@leligueur.be
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