Vie de parent

« Ouf, j’arrête de courir ! »

« Je bosse dans l’évènementiel, donc j’ai des horaires très irréguliers. Entre les entraînements de mon homme et son boulot, il nous arrive de ne pas voir nos enfants de la journée. Alors, pour la rentrée, on instaure les petits déjeuners tous ensemble. Exit toute forme de culpabilité. On va se lever plus tôt pour bien prendre le temps de partager un vrai repas. C’est le meilleur moyen de charger ses batteries pour la journée. Après ? On court, mais détendus ! »
Sophie, maman de Gaspard, 6 mois, et Léonie, 4 ans

« Ouf, j’arrête de courir ! »

Une résolution importante pour cette nouvelle année ? S’épargner ! On limite le grand écart boulot-école-activités. On chérit un peu plus les temps morts, le temps passé en famille, le temps pour soi. Facile à dire ? Lisez donc ce qui suit, les parents nous livrent un tas d’idées à suivre.

Catherine, deux enfants de 5 et 10 ans :
« On s’applique à simplifier notre vie »
Ce que l’on aime beaucoup avec mon mari, c’est le fait d’avoir une vie modulable. Par exemple, l’école termine à 15h15. On décide en fonction de nos horaires ou de nos impératifs d’aller chercher les enfants ou non. Sachant que la garderie est formidable, qu’il y a des jeux de société, de la psychomotricité. Papa qui travaille à la maison, belle-maman toujours prête à venir récupérer les petits, moi qui travaille ou pas, le tout à deux minutes à pied. Je vous jure qu’il y a plus stressant ! Beaucoup de personnes ont le choix de saisir ces choses simples, mais préfèrent se compliquer la vie.

Maria, cinq enfants de 6 à 19 ans :
« Pourquoi s’embêter ? »
D’accord avec Catherine. Je suis certaine que beaucoup de gens ont la solution à portée de main, mais se compliquent la vie pour des raisons inexplicables. Quand on a cinq enfants, on n’a pas le choix, on va au plus efficace. Petit déj’, vêtements et sacs préparés la veille. Itinéraires optimisés, repérages pour gagner deux minutes : c’est important, deux minutes ! Temps de trajet maximalisé en fonction des dispositions des uns et des autres. Et au final, pas une goutte de sueur ou d’énervement. C’est précieux. Et c’est possible.

Au cours d’un sondage publié dans notre magazine du 13 avril, vous nous avez confié que la vie professionnelle prenait de plus en plus le pas sur la vie familiale et personnelle. Comment remédier à cela selon vous ? Le télétravail et l’adaptation des horaires scolaires. Vous êtes 49 % à adhérer à cette solution. Ça tombe bien, la Ligue se bat pour cela.

Extrascolaire : dompter le temps

Florian, deux garçons de 12 et 16 ans :
« Parents geeks, ça sert »
La technologie, ça peut être un allié parental. Chez nous, entre les cours de langues, la musique, les activités sportives, les anniversaires et nos propres rendez-vous ou réunions liés au boulot, soit on engage une secrétaire, soit on opte pour un coup de pouce. Maintenant, dès qu’il est question d’une date, je la rentre dans mon téléphone et tous mes écrans me rappellent que mercredi, c’est à moi d’aller chercher les gamins et qu’il faut donc que je parte plus tôt, à 16h35 pour être présent à 17h05. Cette petite astuce, ça n’a l’air de rien, mais depuis, je ne passe plus mes journées à me dire que j’ai oublié un truc.

Yann, trois enfants de 11, 14 et 17 ans :
« Notre propre solution »
Mes aînés se débrouillent pour les activités extrascolaires, mais pour le dernier, on fait comment ? On improvise entre parents. On a mis au point une sorte de planning virtuel ou l’on prend la responsabilité de les conduire chacun à son tour. Pour qu’il n’y ait aucun enfant (ni adulte, d’ailleurs !) lésé, on s’est rassemblé autour d’un apéro et on a élaboré un programme ensemble, avec les possibilités des uns et des autres. Évidemment, il faut que le système soit souple. Ça m’agace déjà assez que l’on doive se débrouiller seuls. La famille est loin, on n’a donc pas d’autre choix que d’être inventifs.

Fatima, deux enfants de 6 et 10 ans :
« Organiser la pause-rêve »
Notre aîné multiplie les activités. Il ne veut rien arrêter. Il n’a que deux soirées dans la semaine où il n’a rien. Il fait de la danse, du solfège et des cours de flûte à 500 mètres de son école. Notre problème ? Une grosse nationale à traverser et qui me fait très peur. Je l’ai briefé. On a fait des exercices où il me fait traverser la route. Il la traversera tout seul pour la première fois cette année. Pour le reste, le néerlandais est à la maison, l’aïkido à 300 mètres et on le conduit juste à la piscine. Bien sûr, on se pose la question de son bien-être. Alors on a décidé de s’organiser pour qu’il s’ennuie ou, du moins, qu’il ait des pauses. Ça passe par les devoirs. Il va les faire à l’étude le soir, de manière à ce qu’il puisse rêver un peu à la maison.

Rentrée oblige, la Ligue (re)parle du Pacte d’excellence et des idées de changer les rythmes pour que tout s’imbrique mieux. Quand on découvre la galère que les parents décrivent, on se dit qu’il y a de quoi faire. Ajoutons à cela les difficultés des familles à organiser et à payer les activités scolaires, on se dit qu’il est impératif de repenser la logique entre les activités sportives et culturelles de l’école. Il faut que celles-ci soient prises en compte par l’établissement et de façon gratuite.

Un retour en rythme

Maria, cinq enfants de 6 à 19 ans :
« Au dodo, les ados »
Les vacances, les stages, les horaires plus souples, les pique-niques tardifs… Tout ça a chamboulé mes petits et même les ados qui ont bien pris l’habitude de se coucher aux petites heures ! Alors, pour remettre tout le monde en selle, sans être trop brutale, j’y vais petit à petit. On regarde tous un peu la télé après avoir mangé, de moins en moins longtemps jusqu’à la rentrée. 30 minutes, 20 minutes… La semaine qui précède, c’est 10 minutes et au lit. Les plus grands, je les autorise à lire un peu ou à faire ce qu’ils veulent tant qu’il n’y a pas de lien avec l’écran et qu’ils sont dans leur chambre. Tout ça pour cinq enfants. Parfois, j’ai l’impression de diriger un pensionnat.

Floriane, maman de deux enfants de 3 et 5 ans :
« Épuisés, puis affamés »
Je l’ai observé tout le long de l’année et encore une fois pendant l’été : les dessins, animés, la télé ou n’importe quel type de machine, c’est une horreur pour le rythme des enfants. Caprices, insomnies et le lendemain… fatigue. Ils dorment pendant le petit déj’, le nez dans leur bol de chocolat et sont irascibles. Le problème, c’est qu’une fois qu’ils ont goûté à cette satanée télé, c’est la guerre pour qu’ils l’arrêtent. Alors, mon truc, c’est qu’on la regarde une fois dans la semaine, le mercredi soir, avant le bain. On les met au lit un poil plus tard, mais comme ils se dépensent dans la baignoire, ils dorment plus détendus et moins stimulés par l’écran. Et le matin, tout ce petit monde est plus vif. Et dire que bientôt, on va passer à l’ordi !

Floriane a un bon pressentiment. Les spécialistes ne cessent de nous rappeler qu’un petit qui est resté devant un écran est plus stimulé qu’apaisé. Il peut donc chercher son sommeil pendant plus d’une heure. Et le matin, vous avez face à vous un petit irascible ou une véritable loque. Profitez de la rentrée pour repartir du bon pied. La technique de Maria qui consiste à diminuer le temps d’écran petit à petit et rapprocher l’heure du coucher n’est pas mal du tout. Retrouvez-en d’autres sur leligueur.be.

Manger mieux, ça détend

Annie, maman solo de quatre enfants de6 à 18 ans :
« Frites et Coca au placard !»
Nous sommes la famille Malbouffe. Même si j’essaie de faire attention, je vais au plus vite et ce n’est pas sain. Grosse résolution de la rentrée : moins de frites, fini le Coca et les jus de fruits sucrés, les bonbons. On limite la viande à une fois par jour, voire pas du tout certains jours. Pour gagner du temps, j’ai acheté deux machines qui vont changer ma vie : un cuit-vapeur pour les légumes et un extracteur pour faire des vrais jus de fruit. Ça va vite et je peux impliquer les mômes, gagner encore plus de temps en les mettant à contribution. On lave, on épluche, on coupe et, bien sûr, on prend soin de ne pas se couper un doigt. Hé oui, c’est dangereux de manger plus sain !

Farka, deux filles de 14 ans et 16 ans :
« Vite, un sas de décompression ! » 
Cette année, nous nous en sommes tenues à deux résolutions alimentaires. D’abord, un sas de décompression. Les gamines rentrent, on souffle. Un bon goûter à base de granola, de fruits, d’un petit jus, de graines. Arrive la valse des devoirs et de la préparation du souper. Avec lui arrive la deuxième résolution. On le prépare et on le mange tous ensemble. Le rythme des petits déjeuners, du lunch, impossible pour nous de le modifier. Mais le repas du soir, il est capital. Soupe maison, légumes, protéines végétales, poisson, gâteau ou tarte maison. Ce n’est pas si difficile de s’y astreindre. Et on se raconte beaucoup de choses autour de la table.

Le casse-tête des transports

Eléonore, maman solo de trois enfants de 6, 8 et 10 ans :
« On change nos horaires de travail »
La culpabilité de quitter son boulot plus tôt, le téléphone en bluetooth, les imprévus de dernière minute, les travaux, les bouchons, les petits ruses pour en sortir par la campagne, les chemins de traverse, le stress, l’adrénaline… ça, c’était quasi quotidien. L’impression de pousser le rocher tous les jours, tous les parents connaissent ça. Alors, j’ai imposé au père de mes enfants qu’il prenne une journée. Je fais de même. Lui c’est le vendredi, moi le mercredi. Il faut arrêter de vouloir être performants sur tous les plans, on se rend malades au final.

Annie, maman solo de quatre enfants de 6 à 18 ans:
« Trois vies en une »
Comme Eléonore, j’ai l’impression de devoir remplir trois vies en une seule ! Et comme je n’ai pas mon permis de conduire, je fais tout à pied ou en tram. Ce qui est franchement super pénible pour qui connaît le réseau bruxellois. Mais j’ai une petite victoire, c’est que j’ai réussi à modifier un bout de ma ligne de tram en créant une pétition sur change.org et avaaz.org avec d’autres parents. Donc, à la rentrée, ma vie et celle de dizaines ou de centaines de voyageurs va changer. On peut faire pression pour se simplifier les choses. C’est le meilleur des conseils que je peux donner.

Florian, deux garçons de 12 et 16 ans :
« Les attentats, la nouvelle donne »
On habite Bruxelles, mes garçons et moi. Leur école est à une demi-heure de trajet. Je dois bien avouer qu’avec tous les évènements qui se sont déroulés, ça devient de plus en plus difficile d’être confiant, de laisser les gosses partir impunément tout en imaginant le pire. Il faut apprendre à vivre avec. Pour la rentrée, j’ai lu le témoignage (dans le Ligueur, d’ailleurs) d’un papa qui disait qu’il glissait quelques petits outils type couverture de survie, snacks, lampe. Il parlait même d’un couteau suisse et ça, ça fait peur ! C’est moche de devoir penser à ça.

Nous vous l’annoncions déjà en octobre dernier, la plateforme Ola hop est effective. L’idée : permettre aux parents de s’organiser pour les déplacements de leurs enfants pour l’école et les activités extrascolaires en Wallonie. Ça, c’est du vivre ensemble ! Nous avons suivi les fondateurs depuis le début, étape par étape, et vous garantissons qu’ils ont œuvré de façon consciencieuse.

Et du côté du Ligueur ?

Estelle, journaliste, spécialiste des 0-5 ans, maman de Zoé, 3 ans, et Basile, 5 ans :
« Une rentrée… simplifiée ! »

Se simplifier la rentrée, c’est notre rêve aussi, à mon homme et moi. Cette année, on tente de le concrétiser : on change notre grand d’école pour qu’il rejoigne sa petite sœur. On espère ainsi gagner une heure de trajet par jour.
L’autre changement, c’est le mode de transport. L’année passée, on rentrait dans la capitale en bus avant de prendre le tram ou le métro. C’était gai, mais j’y passais presque quatre heures par jour. J’ai testé - un peu à contrecœur - le trajet en voiture. Je gagne une heure ! Seul hic : ma conscience écologique qui me rappelle que la bagnole, ça pollue. Je tente de compenser en mangeant moins de viande à midi. Dernier changement pour la rentrée, on a commandé pour la première fois tout le matériel scolaire via le groupe d’achat commun de l’école. Super pratique ! Le conseil que j’ai envie de donner aux parents débordés pendant l’année ? Anticipez. Même si on est encore en vacances et qu’on ne veut surtout pas penser à la rentrée et son lot de tracas, ça vaut la peine de s’organiser un peu pour passer une année scolaire plus cool. 

Yves-Marie Vilain-Lepage

 LES BONS CONSEILS DU LIGUEUR

À la maison…

Combien de fois dodo ?
Le nombre d’heures de sommeil pour l’enfant, âge par âge :

  • Moins de 6 ans : 11 à 12 h.
  • De 6 à 12 ans : 10 h.
  • De 12 à 16 ans et + : 8 à 9 h.

Retrouvez nos conseils pratiques dans nos 500 réponses à vos 500 questions de parents.

Précieux petit déj’
Pour prendre le temps d’un bon petit déj’ :

  • dressez la table la veille ;
  • faites en sorte que vos enfants évitent leurs écrans avant d’aller dormir ;
  • avancez l’heure du réveil ;
  • asseyez-vous pour prendre votre café plutôt que l’engloutir debout dans un coin. Le bon exemple reste la meilleure leçon.

Vive l’ennui !
La pause (même ennuyeuse) favorise :

  • l’introspection,
  • la créativité,
  • les apprentissages, l’autonomie par exemple,
  • Arrêtez donc de culpabiliser et cultivez l’ennui… ou ce que vous croyez l’être…

Fini l’impasse sur les légumes
Et si, cette année, il aimait même les chicons ? D’après les nutritionnistes, il faut qu’un aliment soit présenté une dizaine de fois pour qu’un enfant l’accepte. Il existe plein de petits trucs pour les habituer. Vous pouvez faire :

  • des steaks de légumes ;
  • râper en lamelle des carottes, des panais et parler de « pâtes colorées » ;
  •  faire des frites maison avec des courgettes, des potirons, des betteraves ou même des navets.

Dans la rue

Ensemble, c’est plus facile
Est-ce qu’on ne sent pas mieux aussi à prendre en charge d’autres enfants que les siens, à tour de rôle, pour moins courir ? Vous êtes de plus en plus en nombreux à nous faire part de votre inventivité collective et on adore jouer les relais. Retrouvez des idées de parents pour le vivre ensemble.
Une pétition peut changer les choses ! C’est vrai et le témoignage d’Annie l’atteste. Sachez juste qu’une pétition en ligne n’a aucune valeur juridique. Certains juristes nous soufflent que tout ce qui a trait aux droits fondamentaux, à l’environnement et au marché intérieur est généralement pris en compte. Choisissez donc bien vos combats et allez jusqu’au bout !

Mot de passe pour SMS
Anne-Lise, une lectrice, nous envoie ce conseil que nous vous transmettons illico : le mot de passe qui permet d’authentifier à votre enfant les SMS qu’il reçoit. Exemple : « Ta maman m'envoie te chercher, elle a eu un accident ».Vrai ou pas vrai ? Seule manière de s’assurer de l’identité du messager : lui demander le mot de passe que vous aurez convenu avec votre enfant. Très efficace.