Vie de parent

Oui, les solidarités répareront les fractures numériques

Si la galaxie numérique était un globe, elle serait en train de se déchirer en deux. Avec, d’un côté, les hyperconnecté·e·s, hyper équipé·e·s, hyper à jour, hyperperformant·e·s. Et, de l’autre, les oublié·e·s du monde virtuel, des connexions et des technologies. Voyons comment recoller les morceaux.

Oui, les solidarités répareront les fractures numériques

Fracture numérique. Au-delà du terme générique, une réalité multiple dont on parle depuis longtemps. Le terme est popularisé par Al Gore en 1995, qui l’érige en slogan, Digital divide, pour désigner l’un des grands clivages du monde moderne. Jusqu’à cette crise dans laquelle nous sommes engoncés, on pensait que cette fracture faisait comme victimes les plus pauvres, les plus âgé·e·s, les moins diplômé·e·s et les plus isolé·e·s géographiquement.

OUI, nous sommes tous concerné·e·s

Mais, mais, mais… Un certain corona passe par là. Notre société n’a pas d’autres choix que d’emboîter le pas du tout virtuel. À l’échelle des familles : école et travail à distance. Sur le papier, le contrat est ultra simple, chaque membre de la tribu bosse depuis son écran et le monde peut continuer de tourner.

Mais, couac, immédiatement, les différentes réalités et difficultés jaillissent. Non, les familles n’ont pas toutes une panoplie d’outils numériques pour permettre tout ce boulot à distance. Non, elles n’ont pas toutes les compétences nécessaires. Non, elles n’ont pas toutes les conditions nécessaires pour participer aux diverses sphères de la vie sociale, à l’éducation, à l’emploi ou à la vie administrative et citoyenne. Zut, alors, nous serions donc inégaux face à la virtualisation des choses ?

OUI, nous avons tout ce qu’il faut pour tendre à l’égalité

Loin de nous, l’intention de vous plomber. Ces inégalités d’accès aux technologies numériques ne sont pas une fatalité. Et nous laissons la part belle à tout un enthousiasmant éventail des possibles qui reposent sur notre simple force collective et ne demandent qu’à être généralisés.

Puis, nous clôturons ce tour d’horizon par un contrepied. Il existe un tout autre type de fracture numérique : celle de l’hyperconnectivité des ados, d’où naît pourtant une capacité à transcender ces outils avec lesquels ils grandissent. Dans leur chambre, ils jouent, chattent, consomment du contenu audiovisuel. Vous êtes nombreuses et nombreux à vous inquiéter de ce comportement. Sont-ils condamnés à devenir d’affreux geeks asociaux et déconnectés du (vrai) monde ?

Les réponses de nos experts donnent de quoi espérer quant à la bonne tournure que peut prendre ce monde numérique, le réparer, le raisonner. Et peut-être même le faire de nouveau tourner correctement.

Y.-M. V.-L. et A. D.

ZOOM

La Semaine numérique

Repoussée au mois d’octobre pour son édition 2021, la Semaine numérique s’interroge sur cette épineuse question des fractures numériques depuis de nombreuses années. Le thème est d’ailleurs récurrent à leurs diverses éditions. Celle de cette année est consacrée aux difficultés des étudiant·e·s face à cette nouvelle donne 100% virtuelle. Nous l’avons traitée dans le dossier du 3 février dernier et reviendrons dessus.
Nous invitons les parents concernés à pousser les portes (virtuelles pour le moment) du site lasemainenumerique.be et de consulter les différentes infos qui tournent toutes autour d’un meilleur usage du virtuel et tentent de contribuer à un certain bien-être numérique.