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Petit guide pratique pour parent
avec trois enfants

Et voilà, le pas est presque franchi : vous allez devenir une famille nombreuse ! Bien. Mais, concrètement, qu’est-ce que ça change d’avoir un troisième enfant ? Fratrie, organisation, logement, voiture, on explore le sujet pour vous.

Petit guide pratique pour parent avec trois enfants

Avec deux enfants, l’équation est simple : chaque parent peut s’occuper d’un enfant. Le grand joue avec l’un, la petite est changée par l’autre. C’est facile, presque reposant… Et puis un nouveau-né arrive. Et là, patatras le bel équilibre : les enfants sont en surnombre par rapport aux parents. Et comme nous ne sommes pas des clones de Shiva, il manque toujours une paire de bras pour s’occuper d’un enfant.
La conséquence ? Un laissé-pour-compte dans la fratrie, généralement l’aîné(e), puisque censé(e) être plus autonome que les autres. « C’est une réalité, explique Maude, maman de trois enfants de 6 mois, 3 ans et 7 ans, surtout dans les premières semaines de vie du bébé. Il accapare presque tout le temps et on gère au plus pressé, en demandant pas mal à notre aînée de se débrouiller seule pour le petit déjeuner, la douche, etc. En contrepartie, elle se couche plus tard, quand les autres sont endormis, pour qu’on ait du temps rien que pour elle. »
Trouver du temps, voilà donc le défi quotidien. Alors que l’exercice est déjà périlleux avec deux enfants, il devient un véritable art quand trois enfants sont dans la maison. « On a essayé de mettre une organisation en place pour se dégager du temps, sourit Pascal, le conjoint de Maude. Fiasco total ! On n’arrive pas à suivre ce qu’on a planifié. Le lever, le petit déjeuner, l’école - matin et après-midi -, les repas, les bains, les devoirs, les histoires à lire se mêlent aux biberons, aux langes à changer, aux soins à donner, aux siestes anarchiques, aux visites chez le pédiatre. Pour l’instant, ça ne s’arrête jamais ! Heureusement, on sait que ça ne va pas durer et que, à un moment, on pourra remettre la main sur le chrono ! »

Chaque chose à sa place… et parfois une place pour chaque chose

Passons à un autre sujet qui nécessite une bonne dose d’inventivité… ou de paracétamol : la maison. Si vous avez déjà trois chambres ou plus, vous marquez déjà des points. Ainsi, chacun peut s’approprier un bout de territoire, ce qui servira d’excuse aux parents pour ranger chez l’un ou l’autre une caisse de jouets, des livres, un tapis de jeu, une armoire à chaussures, la lampe de bonne-maman dont on ne peut se séparer, etc.
Si vous n’avez que deux chambres, il va vous falloir réviser vos gammes de Tetris. Cartons empilés dans un coin, bacs remplis à ras bord sous les lits, placards réquisitionnés, il vous faudra trouver mille astuces pour faire cohabiter le haras Playmobil de votre grande, le bateau de pirate du deuxième et les classiques de Bébé : parc, transat, arche…
Si vos enfants dorment dans la même chambre, n’hésitez pas à bien séparer les espaces. Une tenture, un paravent (trois plaques de contreplaqué, des charnières, un peu de peinture pour personnaliser et le tour est joué !) feront très bien l’affaire, offrant ainsi à chacun son petit coin bien à lui… et une nouvelle occasion de circonscrire l’étalement de jeux et jouets !
« Outre les petits trucs pour gagner de la place, je crois qu’il faut surtout prendre sur soi, faire preuve d’un peu de souplesse et tenter d’impliquer dans une juste mesure les plus grands dans la vie de tous les jours, souligne Maude. Chez moi, je n’impose pas que ce soit nickel tout le temps, c’est impossible de toute façon. Mais j’ai acheté deux grands bacs et, le soir, on passe juste cinq minutes à mettre dedans tout ce qui traîne. »

Une sortie ? Bonjour l’expédition !

La maison est à peu près en ordre, on peut donc s’atteler à un autre challenge : la voiture. Là encore, le passage de deux à trois enfants nécessite des ajustements, spécialement pour les trajets des week-ends à la mer ou dans les Ardennes ou ceux des vacances. Le challenge ? Faire rentrer deux sièges auto, un maxi-cosi et les bagages pour cinq dans un espace pas forcément conçu pour autant !
« Jusqu’à peu, on avait une voiture d’un gabarit normal, explique Pascal. La première fois qu’on a essayé de partir à cinq, ça a été une galère sans nom pour faire rentrer les valises des parents, les sacs des enfants et la poussette. Et arrivés sur place, il a fallu courir à la pharmacie et dans un supermarché pour acheter le lait maternisé et les langes qu’on avait décidé de sacrifier avant de partir. La deuxième fois, j’ai emprunté le coffre de toit d’un ami, c’était déjà beaucoup plus facile à gérer. Finalement, depuis quelques semaines, le problème est définitivement réglé. Nous avons acheté un monospace 7 places, avec un coffre gigantesque. C’est le paradis sur roues ! »
Comme souvent, il n’y a pas de recette magique pour préparer l’arrivée d’un troisième enfant et surtout pour vivre à cinq. L’essentiel pour chacun sera de trouver à sa manière un juste équilibre. Juste équilibre entre ses enfants. Juste équilibre dans son organisation. Juste équilibre dans sa gestion du temps, parce qu’on sait pertinemment que des parents reposés, ce sont des parents plus zen pour gérer des situations parfois complexes. Et enfin juste équilibre dans son couple, parce que l’amour partagé, la confiance en l’autre, son soutien restent les meilleures armes pour traverser le plus sereinement possible cette incroyable aventure qu’est la famille nombreuse.

Romain Brindeau

En pratique

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