Vie de parent

Prix Bernard Versele 2022 : début du compte à rebours

3, 2, 1, à vos livres, c’est parti ! Le marathon de lectures de livres du prix Bernard Versele de la Ligue des familles est lancé. Voici les 25 titres en lice, répartis en cinq catégories. Aux enfants, désormais, d’élire leur·s préféré·s. Arrivée prévue le 30 avril 2022.

Prix Bernard Versele 2022 : début du compte à rebours

1 chouette

En 4 temps
Bernadette Gervais (Albin Michel Jeunesse/coll. Trapèze)

Une prouesse visuelle et poétique par une autrice belge dont le talent se confirme à chaque album. Celui-ci repose sur une construction originale d'images naturalistes délivrées en séquences, selon un dispositif graphique élégant et une impression des couleurs remarquables de nuances. En quatre images, quatre temps, quatre courtes légendes numérotées, Bernadette Gervais propose une lecture ludique autour d’un escargot, d’un canard, d’une maison, etc., et interpelle le lecteur, la lectrice sur le passage du temps, le mouvement, les métamorphoses.

Mamie, ça suffit !
Marie Colot et Françoise Rogier (À pas de loups)

« Faites des bêtises, mais faites-les avec enthousiasme », écrivait Colette. La phrase convient tout à fait à la mamie de ce récit. Dans une inversion de rôles jouissive, voici un petit garçon confié à sa grand-mère désopilante. Elle joue avec ses jeux vidéo et aux fléchettes avec son… doudou, se goinfre de friandises, prend le lit pour un trampoline… Le pire, c’est qu’elle n’écoute pas son petit-fils qui tente de la raisonner.
Un album décalé comme on les aime sur une relation intergénérationnelle pleine de complicités, servi par des illustrations tourbillonnantes à base de cartes à gratter et de monotype à encres, mélange de jeux d’ombres, de traits droits et courbes qui campent bien l’atmosphère de cette pépite d’humour décalé.

Barnabé part au bout du monde
Gilles Bizouerne et Béatrice Rodriguez (Didier jeunesse)

Dès la couverture, ce conte en randonnée drôle et bien rythmé nous donne envie de suivre ces charmants animaux. Le blaireau Barnabé quitte son douillet logis pour vivre d’aventures et entraîne dans son sillage Claire, la taupe, et Constance, la tortue. La bande rencontre des obstacles et les surmonte par l'entraide.
Le trait expressif, coloré et vif, aux multiples lectures, de Béatrice Rodriguez emboîte le pas à ce récit malicieux, à répétitions, du conteur sur scène Gilles Bizouerne, ponctué par l’histoire parallèle d’une discrète grenouille. Cet album a déjà connu deux suites : Barnabé soigne la planète et Barnabé n’a peur de rien, tout aussi délicieux.

Un renard : un livre à compter haletant
Kate Read (Kaléidoscope)

Rares sont les albums qui campent un suspense à la manière d’un thriller. L’auteure réussit ici la prouesse de le combiner avec un texte à compter, en s’appuyant sur une narration visuelle que les enfants suivront aisément. On tourne les pages et apparaissent un renard affamé, deux yeux rusés, trois poules dodues, quatre pattes de velours qui avancent à pas lents... Nous voilà pris au piège du suspense !
Kate Read nous offre un livre d’apprentissage de la numération, en chiffres et en toutes lettres. Elle compte et conte dans une narration servie par des collages peints très expressifs. Ce grand album carré à la mise en page élégante se déroule jusqu’à un renversement de situations inattendu.

Quatre pattes
Gaëtan Dorémus (Rouergue)

Nous avons découvert Ourson à sa naissance avec l’album précédent, Tout doux. Ourson a grandi et le voici à Quatre pattes dans ses premières explorations au milieu d’un décor luxuriant. Ici, tout est pensé pour le petit lecteur et la petite lectrice. Avec Ourson, il ou elle explore son nouvel univers, tous ses sens en éveil, expérimente différents terrains, éprouve des émotions diverses.
Chaque double page met en avant les aventures d’Ourson grâce à des gros plans, tout en symbolisant quasiment une étape du développement de la petite enfance. Très poussée, l’esthétique s’appuie sur des hachures aux couleurs audacieuses, plutôt rares dans les albums pour tout-petits. Le texte, minimaliste et linéaire, court en bas de page, rythmé par des répétitions, des verbes d’action et des onomatopées, ce qui donne un rythme enjoué au récit.

2 chouettes

L'arrivée des capybaras
Alfredo Soderguit (Didier Jeunesse)

Dans un poulailler perdu au milieu de nulle part où la vie s’organise selon des règles strictes, surgit un groupe de… capybaras qui fuient des chasseurs. Or, poules et capybaras n’ont vraiment rien en commun : les unes sont petites, blanches et domestiquées, les autres gros, bruns et sauvages. À contre cœur, les unes accueillent les autres, mais attention aux règles ! Cette cohabitation va être bouleversée par le sauvetage d’un poussin par un jeune capybara, provoquant une remise en question chez les poules.
Cette fable bien d’aujourd’hui sur la différence, l’accueil, les préjugés est racontée avec un vocabulaire simple. Il s’appuie également sur un dessin délicat, le tout réparti sur des doubles pages pour évoquer la vie routinière, explosées en plusieurs vignettes quand surgit l’inattendu.

Les puces et le renard
Laura Bellini (L'atelier du poisson soluble)

Cet album sans texte, tout en détails et expressions, défile sa narration tel un film d’animation. Le découpage de l’action y est progressif et permet une vraie lecture de l’image. Les plans séquences se succèdent tantôt dans l’entièreté de la double page, tantôt sur la page de droite laissant celle de gauche dans un clair-obscur avec des esquisses végétales. Y figurent aussi la numérotation et un nombre correspondant de puces, ajoutant un jeu de comptage à la narration. Les regards expressifs du renard et son langage corporel ajoutent un humour réjouissant.

Julia à la plage
Matt Myers (Le Genévrier/Est-Ouest)

La couverture est une peinture marine traitée avec un hyperréalisme à l’américaine comme l’ensemble du livre : on entend quasiment le bruit des vagues, on sent les grains de sable sur la p(l)age. Matt Myers est Américain et signe là son premier album en solo. Jouer, c’est du sérieux et cet album nous le rappelle dans cette ode à la créativité d’une petite fille concentrée sur son projet. Mais voilà, son entourage l’assaille de questions et vient troubler son monde intérieur. Son visage s’assombrit, puis s’agace, puis s’empourpre… Jusqu’à l’arrivée d’une dame âgée avec son chevalet. Se profile une rencontre intergénérationnelle toute en connivence autour de leur passion.

Oscar et Carrosse : la soupe de pâtes
Ludovic Lecomte et Irène Bonacina (L'école des loisirs/coll. Moucheron : je peux lire !)

La qualité de ce livre tient notamment aux illustrations d’Irène Bonacina, déjà récompensée par le prix Versele en 2017 pour Cinq minutes et des sablés. L’histoire, bien amenée, accompagne les progrès en lecture du chien Carrosse qui font écho à ceux d’un jeune lecteur, d’une jeune lectrice. Qui, en effet, ne s’est pas amusé à former des mots avec des lettres de pâtes ?
La langue est parfois rimée et se prête à la lecture à haute voix. S’y ajoute l’apprentissage de l’amitié entre deux personnages que tout sépare puisqu’Oscar est un squelette tout en os qui a peur… des chiens !

Julian est une sirène
Jessica Love (L’école des loisirs/Pastel)

Dans ce premier album, l’autrice propose une histoire sensible et une réflexion douce et tendre sur l’identité, le genre et la liberté d’être soi. Sans jugement et sans propagande. Elle est racontée à travers la relation particulière entre Julian, peau brune, et sa grand-mère unis par une belle complicité dans cette volonté de vivre leurs rêves. Et pas n’importe lesquels. Julian rêve d’être une sirène ! Sa bienveillante grand-mère l’emmène au défilé de « Mermaid Parade » (le défilé des sirènes) qui se tient chaque année à New York.
Cet album aux illustrations jubilatoires, aux personnages expressifs, aux postures gracieuses se termine sur une joyeuse cavalcade de personnes déguisées, heureuses de l’être ! Jessica Love a publié une suite : Julian au mariage.

3 chouettes

Le grand serpent
Adrien Parlange (Albin Michel Jeunesse/coll. Trapèze)

Adrien Parlange construit peu à peu une œuvre remarquée. On retrouve sa formation de graphiste dans son trait épuré et sa manière d’occuper l’espace-page, jusqu’à la couverture. Les lithogravures à l’encadrement net et aux couleurs chaudes jouent sur les droites, les obliques, les ondulations. Pour raconter la rencontre inattendue et tendre entre un petit garçon et… un serpent, l’auteur déploie le corps du reptile de page en page, dans un format à l’italienne, épousant le déroulé de notre lecture. Le suspense est entretenu à travers une promenade qui va de la chambre d’enfant à la forêt en passant par la ville jusqu’à une grotte. Avec l’amitié au bout de ce cheminement initiatique. Car le garçon manifeste une attention à l’autre et à sa souffrance, le rassure, lui rend confiance sans mentir.

6 histoires de Mirabelle & Viandojus : l'air de rien
Christine Roussey (De la Martinière Jeunesse)

Fraîcheur et humour caractérisent ces six historiettes qui content l’amitié improbable entre Mirabelle, une fillette naturelle et intrépide, et Viandojus, un sanglier bourru. Leurs aventures évoquent des expériences marquantes de l’enfance : une cabane, l’ennui, une balade à vélo, une nuit à la belle étoile… Les émotions pointent mais aussi des questions essentielles comme celle des origines. Cette célébration de la vie, de la nature, de la rencontre joue de l’oralité, de blagues, de métaphores poétiques, enrichies d’illustrations acidulées et facétieuses.

Les Adultes ne font jamais ça
Davide Cali et Benjamin Chaud (Hélium)

Ils ne crient pas, ne pleurent pas, ne trichent pas, ne boudent pas… Les adultes sont parfaits ! La couverture donne immédiatement le principe de l’album : alors que le titre surprend avec une assertion péremptoire, l’illustration « dit » exactement le contraire par un spectaculaire comique de situation. Un contraste texte-image repris à chaque page de ce catalogue impertinent, résumant le grand écart fréquent entre certains principes éducatifs et ce qu’en font les adultes. Des enfants, dissimulés ici et là, observent, parfois effarés, souvent surpris, goguenards ou réprobateurs, ces adultes si… différents. Les scénettes et surtout les personnages sont croqués avec la fantaisie et le panache inimitables de Benjamin Chaud.

Le secret du clan
Gilles Baum et Thierry Dedieu (HongFei Cultures)

Mais pourquoi donc le grand-père de la petite héroïne de ce conte ainsi que certains habitants de son village côtier japonais ont-ils un crabe tatoué sur le bras ? Nous l’apprendrons au fil d’une histoire qui dit, avec une grande économie de moyens, le lien si riche qui unit l’enfant et son aïeul, la transmission entre les générations, la complicité autour d’un secret fédérateur, l’enquête enfantine qui se transforme en première expérience du sacré. Celui-ci se manifeste notamment lors de la scène de la fête des âmes, où la gamine et son grand-père lancent sur l’eau le radeau-lampion dédié à la grand-mère décédée.
Sur des fonds colorés en bleu lavande, vert d’eau ou orangé, les illustrations de Thierry Dedieu dégagent une étrange sérénité. C’est tendre et rythmé comme le ressac, avec des images qui marquent, tel le lever du soleil sur la plage qui annonce l’arrivée imminente d’un crabe hors normes.

Perdu dans la ville
Sidney Smith (Kaléidoscope)

Dans une ambiance hivernale, Sidney Smith raconte avec réalisme l’histoire d’un petit garçon… perdu dans une ville américaine bruyante, ses tours imposantes, ses ruelles sombres, autant d’éléments qui contrastent avec la déambulation contemplative du garçonnet. Celle-ci est renforcée par une voix off : « Je sais ce que c’est de se sentir perdu dans une grande ville. » Mais qui parle ? Et à qui ? Le lecteur découvrira à la fin de ce récit subtil toute sa force résiliente annoncée par le gimmick « Je te connais. Tout ira bien. » Le suspense est renforcé par la représentation géométrique de la ville avec des droites parallèles et verticales, des lignes entrecroisées, des perspectives fuyantes, des gros plans et des plans larges, des contre-plongées, etc. Le tout renforcé par le format vertical et allongé.

4 chouettes

La brodeuse d'histoires
Martina Aranda (Cot Cot Cot Éditions)

Les ellipses et les non-dits disent souvent l’essentiel, l’air de rien. Dans cette première œuvre d’une autrice illustratrice fort prometteuse, ni le texte ni les illustrations, réalisées principalement au crayon noir, ne disent l’âge de Lucia, ne décrivent son visage, n’évoquent frontalement son problème avec la lecture, ni le moment où la jeune narratrice, Mila, en prend conscience… L’artiste offre seulement quelques fils conducteurs, tout en pudeur. Une belle histoire d’amitié intergénérationnelle qui combine tristesse et douceur avec l’humour tonique de la gamine pour évoquer l’art, la transmission, le plaisir de raconter…

Sacha l'été
Raffaella Bertagnolio et Jean-Christophe Mazurie (éd. Frimousse/coll. BD Mousse)

Un papy loufoque et gentil, un ours et un chien qui parlent et la montagne en toile de fond : c’est le cadre de cette BD où Sacha, forcée de passer ses vacances chez ses grands-parents, mêle activités de pêche et cueillette des champignons avec des réflexions décalées sur les nouvelles technologies et les relations interpersonnelles. Situations divertissantes et dialogues percutants croquent des personnages expressifs. Les images se découpent sur des textures et des trames tracées à l’ordinateur.

Yukio, l'enfant des vagues
Jean-Baptiste Del Amo et Karine Daisay (Gallimard Jeunesse)

Inspirée des légendes traditionnelles japonaises et par le thème de la métamorphose, cette narration poétique est, telle un conte, écrite au passé. Elle raconte la rencontre entre un écrivain sans inspiration et une mystérieuse femme sur une plage. Un vieillard, M. Nakamura, lèvera le mystère de sa présence. Il y a longtemps, son fils Yukio a rejoint peu à peu sa vraie nature : nager avec les tortues, devenir poisson volant. Le personnage de la maman, protecteur et intuitif, accueille avec amour la destinée de son fils, sa volonté d’être soi, mais vit aussi la mélancolie de sa perte sur terre. La célébration des paysages de l’île et de ses profondeurs marines est superbe. La magie opère entre le style imagé de l’auteur et la délicatesse des collages dans des bleus verts tout en fraîcheur.

L'incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace
Thomas Gerbeaux et Pauline Kerleroux (La joie de lire)

Voici une belle histoire d’amitié, à la frontière du récit réaliste et du fantastique. La préface rédigée par la narratrice en… 2078 annonce d’emblée la couleur. Et question couleurs, les illustrations se concentrent sur un bleu nuit et deux orangés du plus bel effet, renforçant l’atmosphère onirique du récit. Celui-ci se déroule sur une île bretonne, dans un restaurant où un homard échappe de son aquarium. À sa suite, une fillette échafaude la mise en liberté audacieuse mais des plus sérieuses de ses comparses. Mêlant humour et suspense, Thomas Gerbeaux alterne le point de vue de Jeanne et celui du homard, amenant le juste rythme à cette aventure de liberté gagnée.

La cavale
Ulf Stark et Kitty Crowther (L’école des loisirs/ Pastel)

La complicité entre un grand-père et son petit-fils est au cœur de ce roman écrit peu avant sa mort par Ulf Stark, écrivain-phare de la littérature suédoise contemporaine. Dans cette dernière aventure drôle et bouleversante, il met en scène un grand-père bourru, rebelle à sa vie en maison de repos, inconsolable de la perte de son épouse. Son fils vit mal les états d’âme du vieillard. C’est le petit-fils qui se révèle à l’écoute de ceux-ci, au point de prendre tous les risques pour emmener son grand-père à la Maison de la Falaise. Construite jadis par le patriarche, elle recèle les souvenirs de sa vie amoureuse. Leur cavale devient une aventure intérieure. Sous l’anecdote, Ulf Stark pose des questions essentielles : est-il possible d’aimer quelqu’un qui est mort ? Peut-on désobéir pour donner du bonheur aux autres ? Qu’y a-t-il après la mort ? Suédoise par sa mère, la Belge Kitty Crowther ne pouvait que rencontrer l’univers d’Ulf Stark. Ce qu’elle a réalisé avec ce livre chaleureux, où chaque illustration traduit la forte présence des personnages, leurs émotions contenues.

5 chouettes

Akavak
James Houston et Ronan Badel (Flammarion Jeunesse)

Espaces envoûtants du Grand Nord, nature sauvage et hostile, rudesse du climat, relation intime entre Akavak, jeune Inuit de 14 ans et son grand-père, mais aussi avec leurs chiens de traîneau, voilà les ingrédients de ce roman d’aventure de facture classique paru initialement en 1968… Pour offrir à son aïeul la possibilité de revoir son frère installé dans le Kokjuak, au-delà des hautes montagnes glacées du Canada, le jeune adolescent va devoir se montrer vaillant et courageux. Ce récit initiatique nous immerge dans la vie des Inuits avec qui James Houston a vécu quatorze ans.

Masca. Manuel de survie en cas d'apocalypse
Erik L'Homme et Eloïse Scherrer (Gallimard Jeunesse)

Les romans graphiques ont la cote. Ainsi que le survivalisme. Le jeune Justin, livré à lui-même dans une ville dévastée par un cataclysme, raconte son périple dans une forêt puis en montagne pour retrouver sa famille. Avec humour, il se crée des alliés imaginaires : le guerrier Björn et Wilson, le chien un peu moisi, qu’il dessine dans le carnet de ses aventures. Dans ces crayonnés nerveux en orange, Eloïse Scherrer fait preuve d’une vraie maîtrise de la narration visuelle. Celle-ci offre une respiration au texte, appréciable pour les jeunes apprentis lecteurs. Le dossier final avec les techniques de survie en forêt en séduira pas mal.

Les loups du clair de lune - Histoires naturelles
Xavier-Laurent Petit et Amandine Delaunay (L'école des loisirs/coll. Neuf)

Chaque volume des Histoires naturelles de Xavier-Laurent Petit part de quatre éléments : un enfant, un animal, un lieu, un climat. Pour celui-ci, Hannah, une adolescente qui s’exprime de manière simple et directe, rejoint sa grand-mère retirée en pleine nature. Beau personnage de vieille dame qui va à l'essentiel et n'a pas froid aux yeux, elle entraîne Hannah sur les traces d’un mystérieux animal déclaré espèce disparue en 2013 : le thylacine ou tigre de Tasmanie. L'auteur s’est rendu en Tasmanie pour se documenter et nous a ramené archives, notes et photos anciennes reprises dans les dessins noir et sépia d’Amandine Delaunay, qui intervient ici et là, de manière inattendue. Tout cela ne serait rien sans une « vraie histoire » avec du suspense, un secret (et même deux), de l’émotion, un gentil méchant.

Qui va avec ailes
Luce Guilbaud (Les Carnets du Dessert de Lune)

Trente courts poèmes lancent autant d’énigmes sur le thème des ailes, à deviner par le texte et l'image. Les lire à haute voix permet d’en savourer la légèreté et la musicalité. Ce recueil de la taille d’une main ouvre la sélection du prix Versele à un livre différent, bel objet à petit prix, qui invite les enfants (et leurs parents) à découvrir art et poésie de manière ludique.

L'affaire méchant loup
Marie-Sabine Roger et Marjolaine Leray (Seuil Jeunesse)

Le livre jeunesse n’hésite pas à revisiter des classiques avec bonheur. Cela se vérifie ici avec La chèvre de Monsieur Seguin. Apparemment, rien ne diffère de la version originale : une chèvre se bat contre un loup toute une nuit avant d’être croquée. Mais ce loup est vieux et solitaire, un brin flemmard et se contente de peu. Une chèvre dodue ne l'intéresse pas. Or, celle-ci cherche la bagarre ! Sa mort est un bête accident qui vaut au malheureux loup trente années de prison. Les préjugés ont la dent dure ! Le texte, sur le ton d’une fable digne de La Fontaine, est ciselé avec des alexandrins rythmés par des rimes qui apparaissent et disparaissent. Les illustrations nerveuses et déjantées au crayon noir soulignent la causticité du propos.

Michel Torrekens (avec l’aide du comité de prospection du prix Bernard Versele)

Le prix Versele, comment ça fonctionne ?

Plusieurs centaines de volontaires s'impliquent dans le prix Bernard Versele de la Ligue des familles. Tout d'abord dans le choix des titres. Les vingt-cinq livres proposés ci-dessus sont le fruit d'un long processus : prospection au sein de la littérature de fiction publiée chaque année, discussions au sein d'une quinzaine de comités de lecture régionaux en Wallonie et à Bruxelles, vote final en séance plénière. Ensuite dans l'accompagnement des livres : des volontaires iront présenter, notamment dans des classes, les titres sélectionnés pour les soumettre au vote des enfants.
Pour tout savoir du prix Versele et voter en ligne : liguedesfamilles.be/prixversele

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