Vie de parent

Quel cauchemar, mon enfant
ne fait toujours pas ses nuits

Le thème de dossier nous a été conseillé par une de nos expertes. « Je vois souvent des parents arriver trop tard, épuisés par des années de mauvaises nuits dans mes consultations », a constaté la psychologue Nathalie Ferrard. Des parents qui, depuis des années, ne savent plus ce que c’est de dormir une nuit complète. « Ce qu’il faut leur dire, c’est que dormir, ça s’apprend », ajoute-t-elle encore. Une note d’espoir dans la nuit chahutée parentale ?

Quel cauchemar, mon enfant ne fait toujours pas ses nuits

Au détour d’une conversation à la piscine, cette phrase - « Ce qu’il faut dire aux parents, c’est que dormir, ça s’apprend » - est répétée à une maman. Directement, un sourire apparaît sur ses lèvres, avant un regard adressé à son fils Gabin*, 6 ans.

Le petit blondinet est en pleine forme. Arsouille, il joue et s’amuse comme un fou dans l’eau. « On ne dirait pas comme ça, mais il se réveille encore chaque nuit et à plusieurs reprises », confie Solène*, sa maman. Comme s’il avait un radar, le petit vient se blottir dans les bras maternels. « Il n’aime pas trop que je parle de ça ».

Quelques temps plus tard, alors que Gabin joue et barbote avec d’autres enfants, Solène confie : « Les gens ne se rendent pas compte de l’impact du manque de sommeil. Certaines nuits, je suis tellement sonnée que je ne l’entends même pas. Ça fait six ans que ni mon mari ni moi n’avons dormi une nuit complète. On aurait voulu un troisième enfant, mais on est tellement fatigués qu’on a décidé de s’arrêter là ».

Fixer un cadre pour enfin dormir

Le sommeil, c’est un gros dossier. Un dossier épineux même. Pour certains parents, comme Solène, l’écharde est tellement profonde qu’ils ne savent plus bien par quel bout l’enlever. Quand la dette de sommeil se creuse, il peut être difficile de déterminer un cadre fixe et cohérent et de s’y tenir. L’équilibre familial est parfois si fragile que les parents renoncent à entreprendre quoi que ce soit par peur de faire pire que mieux. De guerre lasse, ils s’endorment aux côtés de leur enfant ou l’accueillent dans le lit parental en milieu de nuit. Parfois les deux.

Fixer ce cadre salvateur, ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Laisser un enfant pleurer, être ferme et lui expliquer qu’il doit s’endormir seul, tenir bon face aux larmes et aux cris que cela peut occasionner, ce n’est pas une mince affaire. En matière de sommeil aussi, la fameuse phrase « Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants » sonne juste.

Dans ce dossier, pas de recette miracle, mais ce même tandem fait de témoignages de parents et de conseils d’expert·e·s pour donner un maximum de clés et d’outils aux parents, pour aider à la prise de recul, vous montrer que vous n’êtes pas seul·e et que vous pouvez trouver des outils pour vous aider à passer ce grand cap.

Clémentine Rasquin