Vie de parent

RENTRÉE J-4 | Le masque: mesures, mode d'emploi, gênes et rumeurs

La rentrée scolaire masquée est un sujet hautement polémique. On en profite pour se poser et aborder le fond du sujet. Dans quelle mesure le masque doit-il être porté à l’école ? Comment doit-il être porté ? Quelles sont les rumeurs qui circulent à son sujet ? 

RENTRÉE J-4 | Le masque: mesures, mode d'emploi, gênes et rumeurs

Le port du masque à la rentrée scolaire de septembre est un sujet de crispation. On en veut pour preuve les messages postés sur la page Facebook de la ministre de l’éducation, Caroline Désir. Ce jeudi, elle répondait aux questions que se posaient les internautes sur la rentrée des classes. Avant ça, elle avait invité les parents à déposer leurs interrogations sur la page de son réseau social. Un constat, une grosse majorité des centaines de commentaires postés concernaient le port du masque. L’occasion, donc, de faire le point.

Le masque et l’école

À chaque niveau ses règles. Les voici telles que décrites dans les dernières circulaires mises à jour la semaine dernière pour le fondamental et le secondaire. Les différences s’expliquent par les observations scientifiques. Les enfants scolarisés plus jeunes développent peu la maladie et sont de faibles transmetteurs. Plus les enfants grandissent, plus le risque augmente. D’où cette différence d’appéciation.

Le maternel |

Le masque est porté lors des contacts entre adultes si la distance physique ne peut être garantie. Les enfants ne portent pas le masque.

Le primaire |

Le personnel porte le masque lorsque la distance physique ne peut pas être respectée. L’enseignant porte le masque pendant le temps de classe lorsqu’il parle à voix haute selon l’analyse des risques. Les élèves ne portent pas le masque.

Le secondaire |

Le personnel et les élèves portent le masque dans tous les contacts si la distance physique ne peut pas être respectée. L’enseignant porte le masque pendant le cours, lorsqu’il parle à voix haute. Pour les élèves, le masque peut être temporairement enlevé si l’état médical de l’élève l’impose ainsi que pendant des pauses ou des activités sportives

Le supérieur |

Jusqu’à 50 étudiants : port du masque obligatoire et respect d’une distance d’1 mètre, ce qui induit que la capacité de la salle peut être utilisée pleinement.

Au-dessus de 50 étudiants : port du masque obligatoire, respect d’une distance d’1 mètre ou occupation d’un siège sur deux ce qui induit que la capacité de la salle ne peut être utilisée pleinement.

Le masque et son inconfort psychologique

Pour les tout petits, la question a été abordée récemment dans un article du Ligueur. Là, c'est le rapport à l'adulte masqué qui est questionné.

Il y a en effet un tas d'émotions qui passent par notre visage, en particulier quand on s'adresse à un petit bout. Et toutes ces émotions, il les analyse. « Il comprend l'adulte et découvre le monde à travers nos mimiques, tous ces petits mouvements de visage que nous faisons inconsciemment », explique Diane Drory, psychologue.

L'idée c'est de ne pas se focaliser sur le masque et de le retirer quand on voit que bébé n'est pas rassuré. « C'est plus important de veiller au sentiment de sécurité de l'enfant plutôt que de se braquer sur le port du masque absolument tout le temps, commente Diane Drory. Ce n'est pas la fin du monde si on le retire cinq minutes pour le rassurer ».

Notons qu'en maternelles, les instituteurs et institutrices peuvent donner cours sans le masque.

Pour les ados, au delà de la gêne procurée, c'est la socialisation et le rapport aux autres qui se trouvent perturbés.

Notre psychologue Diane Drory estime que chez les ados, le port du masque, peut être "terrible". Pourquoi? « Car nous sommes dotés d’un sens pour reconnaître les amis des ennemis via les expressions des micro-muscles de notre visage. C’est inconscient, un instinct presque primitif. Derrière un masque, c’est beaucoup plus compliqué à repérer. Ça va donc être plus difficile d’aller vers les autres, de faire fonctionner cet instinct. Prenez votre courage à deux mains et allez-y. C’est le conseil qu’on peut donner aux ados. »

Dans son Facebook live de ce jeudi, la ministre Caroline Désir a aussi insisté sur l'importance des pauses: « Dans notre circulaire, on a demandé explicitement que les écoles organisent des moments de pause. De prérence à l'air libre. (...) Il est évident que personne ne peut garder un masque 8 heures d'affilée. Il va falloir organiser ces moments de pause.»

Le masque et les rumeurs

Le masque est une entrave désagréable qui perturbe tant notre confort quotidien que nos interactions sociales. Mal nécessaire, il est mal aimé. Jusqu’à faire l’objet de critiques virulentes sur les réseaux sociaux. Beaucoup d’informations circulent, donc, autour du port du masque. Certaines entendent minimiser son impact, d’autres vont jusqu’à le rendre coupable de problèmes de santé publique. Quelques-unes, enfin, sortent dont on ne sait où, comme la première de cette liste :

On peut congeler son masque pour le rendre plus efficace

Surtout pas. Ne placez pas le masque dans le congélateur ou le frigo. Cela ne sert à rien : le froid ne tue pas le virus. Au contraire, congeler les micro-organismes, ce serait même les faire gentiment hiberner. Pire : le masque risquerait de contaminer vos aliments. Par ailleurs sur France Inter, Pierre Parneix, médecin hygiéniste au CHU de Bordeaux, a précisé que « congeler un masque tout court ne fera que le dégrader, puisque "ça va détériorer à la fois les fibres et les élastiques".

Les masques chirurgicaux provoquent des intoxications au CO2

Les masques chirurgicaux, lorsqu’ils sont correctement portés, n’entraînent pas d’intoxication au dioxyde de carbone. Précision apportée sur le site du Centre régional d’information des Nations Unies. Conseil toutefois, lorsque vous portez un masque, assurez-vous qu’il soit bien ajusté pour vous permettre de respirer normalement. Ne réutilisez pas un masque à usage unique et remplacez-le s’il s’humidifie.

Les masques entraînent un manque d'oxygène

C’est la suite de l’affirmation précédente. Très alarmistes, certains messages ont même certifié que ce manque d’oxygène pouvait entraîner la mort. Encore une fois, qu’il y ait un inconfort, cela peut se comprendre. Mais le masque, laisse passer l’air, l’oxygène. Ce n’est pas un circuit fermé. Tout au plus, des médecins expliquent aussi que si le porteur du masque est très anxieux ou angoissé, celui-ci peut se mettre à hyperventiler et se sentir oppressé, victime d’étourdissement.

Il faut porter un masque lorsque l’on fait du sport

En fait, il ne faut pas porter de masque quand on fait du sport. Là, l’effort physique procuré est tel qu'il peut réduire l’aisance respiratoire. C’est ce qu’on peut lire sur le site du centre régional d’information des Nations Unies. Par ailleurs, la transpiration peut entraîner une humidification plus rapide du masque, rendant la respiration plus difficile et favorisant la croissance des micro-organismes.  

Les visières peuvent remplacer le port d’une protection respiratoire

Selon le Haut conseil de la santé publique en France, les visières ou écrans faciaux ne sont pas des équipements de protection respiratoire mais des équipements de protection des yeux et du visage. S’ils peuvent protéger les porteurs des grosses gouttelettes émises immédiatement après une toux par une personne à proximité et face à l’écran, ils ne permettent pas de protéger des particules restant en suspension. Ils n’ont pas l’efficacité des masques de protection respiratoire.  

Les masques sont des nids à virus

Si le masque est utilisé convenablement, pas de raison de s’en faire. S’il est changé régulièrement, lavé à bonne température, il jouera son rôle de barrage à particules.

Les masques laissent passer les virus

Curieusement, cette affirmation voisine parfois avec le fait que les masques empêchent le dioxyde de carbone de sortir ou l’oxygène de rentrer. Or, un virus est plus gros qu’une molécule d’oxygène par exemple. À Londres, la Royal Academy a sorti une étude fin juin, où elle a clairement démontré la faculté des masques à réduire la projection de gouttelettes contaminées.

Le masque et son mode d’emploi

Selon les experts, le port d’un masque buccal n’est pas préconisé en premier lieu pour se protéger, mais bien pour protéger les autres. Autrement dit, vous serez protégé par les gens portant un masque autour de vous.

Voilà comment utiliser le masque pour qu’il joue au maximum son rôle de « barrière ». C’est la version optimale, celle disponible sur le site infocoronavirus.be ,celle vers laquelle il faut tendre, mais qui, au quotidien, s’agrémentent forcément de quelques approximations.

Mettre le masque |

Lavez-vous d’abord les mains soigneusement.

Ne touchez que les élastiques ou rubans d’attache pour mettre votre masque.

Mettez le masque sur votre nez et attachez les rubans du haut

Mettez le masque sur votre menton et attachez les rubans du bas

Le masque doit couvrir votre nez, votre bouche et votre menton et ne peut pas être ouverts sur les côtés.

Porter le masque |

Lorsque votre masque est attaché, évitez de le toucher.

Si le masque glisse ou n’est pas bien attaché, ne le touchez que par ses côtés pour le réajuster.

Evitez d’enlever et remettre le masque trop souvent.

Enlever le masque |

Ne touchez que ses élastiques ou rubans d’attache.

Après avoir enlevé le masque, lavez-vous les mains soigneusement.

Si vous devez enlever votre masque pour une courte durée (par exemple, pour boire), posez-le dans un endroit propre qui peut ensuite être nettoyé facilement ou placez-le dans un sac propre et perméable à l’air.

Changer de masque |

Prenez un nouveau masque toutes les 8h.

Prenez un nouveau masque si votre masque est sale ou humide

Si vous devez beaucoup parler, prenez un masque toutes les 4h. Par exemple, pour un enseignant qui donne cours.

Laver le masque |

Le masque doit être lavé après chaque utilisation.

Mettez les masques utilisés dans un sac en tissu fermé. Lavez le sac avec vos masques.

Lavez le masque doit être lavé avec du produit de lessive dans la machine à laver à 60°C

Vous pouvez aussi faire bouillir le masque dans une casserole réservée à cet usage.

Si le masque est lavé à basse température, par exemple à la main, il doit ensuite être repassé à haute température.

Après avoir touché un masque sale, par exemple pour le mettre dans la machine à laver, lavez-vous les mains soigneusement.

Le masque doit être totalement sec avant d’être réutilisé : il est donc recommandé de disposer de minimum deux masques.

Conserver le masque |

Mettez le sac en tissu avec vos masques dans un endroit fixe et propre.

Ne touchez le masque propre qu’après vous être lavé les mains. Ne touchez que les élastiques ou rubans.

Sur le même sujet

Adultes masqués : les bébés s'adaptent

Accentuer la voix, passer par le toucher, le jeu, accrocher le regard de bébé sont autant de manières de garder la communication quand on porte un masque. Car, pour bébé, les expressions faciales sont importantes dans son développement. Mais, rassurez-vous, il va compenser par d'autres canaux.

 

De retour à la crèche…

Beaucoup de bébés et de jeunes enfants ont repris le chemin de la crèche après avoir été confinés près de trois mois parfois, à la maison avec leurs parents. Une grande joie s’est exprimée chez les uns. Des difficultés ont surgi pour les autres. Et puis, parfois, il n’y avait rien à signaler. Cette « rentrée » inédite a aussi souligné toute la force de la familiarisation en crèche.