Vie de parent

Sexisme et stéréotypes de genre :
éduquer dès le premier âge

Ouvrez les yeux, tendez l’oreille, le sexisme est partout si on y prête attention… Alors, lorsque Télévision du Monde nous approche pour une collaboration autour du sexisme ordinaire, on se dit que le sujet mérite bien que deux médias s’en emparent.

Sexisme et stéréotypes de genre : éduquer dès le premier âge

Pour ce dossier, nous sommes partis à la rencontre de formatrices qui travaillent au quotidien les enjeux liés au sexisme et aux stéréotypes de genre. Avec elles, nous avons passé le concept du sexisme ordinaire à la loupe pour le ramener à quelque chose de simple, magnifiquement résumé par l’une d’entre elles : « C’est le sexisme de tous les jours, qu’on ne voit pas et qui invisibilise les inégalités ».

Entre 3 et 6 ans, le sexisme ordinaire sévit-il déjà ?

Oui. À l’âge où l’identité se construit et les normes s’intègrent, le sexisme perce déjà à l’horizon. Dans le code couleurs proposé aux filles et aux garçons, dans les vêtements et les jeux aussi. Mais, surtout, dans les attitudes, réactions et assignations.

Les enfants sont des éponges. Témoins de propos et de discriminations sexistes, ils en sont parfois les porte-drapeaux. Camille Prieto est illustratrice et animatrice dans l’extra-scolaire en France, dans la région toulousaine. Avec ses deux casquettes, elle a décidé d’agir. D’abord, à l’image du colibri qui tente d’éteindre l’incendie avec ses petits moyens.
Un jour, elle intercepte à la volée une remarque sur la force des garçons parce qu’ils sont plus musclés. Le soir même, elle imprime des photos de femmes culturistes qu’elle montrera ensuite aux enfants.

« Si on se dit, c’est comme ça, alors on participe au système. Dès la maternelle, l’enfant est capable de réfléchir et de se forger une opinion. Quand il rapporte un propos, il croit à quelque chose qu’il a entendu mais libre à nous de l’amener à réfléchir dessus », rapporte l’animatrice. Ensuite, en tant qu’illustratrice, elle a dessiné quelques scènes du quotidien dans une série intitulée Sexisme ordinaire pour documenter quelques cas d’école.

Une grande part de liberté pour poser ses choix

Nos recherches et échanges nous ont également menés sur la trace de Pascale, institutrice maternelle à l’école des Bruyères à Louvain-la-Neuve. Elle prête beaucoup d’attention à rendre dans sa classe les espaces de jeux et les apprentissages accessibles à toutes et tous, à ne pas assigner de rôle aux un·e·s et aux autres.

Cette attention aux stéréotypes de genre et aux assignations a trouvé un écho auprès de plusieurs parents de la classe, déjà attentifs et sensibilisés à ces enjeux. Parmi eux, Charles-Antoine a accepté de nous ouvrir sa porte pour nous expliquer son approche éducative en tant que père de trois enfants. L’un comme l’autre se retrouvent dans le fait de laisser à l’enfant une grande part de liberté pour poser ses propres choix. Ces rencontres nous font croire que le sexisme ordinaire n’est pas une fatalité. Que si l’on y prête attention, on peut court-circuiter ce système qui pourrait enfermer dans des cases.

Clémentine Rasquin, en collaboration avec Télévision du monde

Bon à savoir

La capsule TAM TAM sur le sujet est à visionner sur la Trois le 24/10 à 23h40 et à retrouver sur le site tdm-asbl.be

► Les planches dessins qui figurent dans ce dossier sont l’œuvre de Camille Prieto. Vous pouvez retrouver ses autres productions sur son blog : blog.camilleprieto.fr

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