Vie de parent

Suivre le cours de religion n’est pas obligatoire

Des parents peuvent-ils refuser la participation de leur enfant à un cours philosophique ? L’arrêt de la Cour constitutionnelle est tombé : c’est oui. Réactions et questions.

Suivre le cours de religion n’est pas obligatoire

Les élèves de l’enseignement officiel devaient choisir entre un cours de morale ou de religion (catholique, protestante, israélite, islamique et orthodoxe). Les parents pourront désormais obtenir, sur simple demande non autrement motivée, une dispense pour leur enfant de suivre l'un ou l’autre de ces enseignements, selon un arrêt de la Cour constitutionnelle tombé jeudi.
Des parents bruxellois estimaient que cette obligation de choix entre un cours d’une des religions reconnues ou celui de la morale non confessionnelle affectait les élèves d’une orientation philosophique ou religieuse qui ne devait être que du ressort de la vie privée. Ils y voyaient alors une violation de la liberté de religion et du principe d'égalité. La plus haute cour de justice leur a donné raison. Les cours de religion ou de morale ne peuvent donc pas être obligatoires dans l’enseignement public. À noter que cet arrêt ne concerne pas les élèves du réseau libre.
Cette réponse va réorienter la réflexion politique sur la place du cours de religion dans l’école. Les réactions ne se sont pas faites attendre.

Ne pas supprimer le débat

« La pilarisation de la société belge permet à chaque individu de se situer et de choisir en âme et conscience, en tant qu’adulte, la voie qu’il veut suivre : le fait de suivre un cours de religion alors que tes copains suivent un cours de morale peut (doit) permettre l’ouverture d’un débat et le respect des choix de chacun. Supprimer ce 'clivage' pour donner une apparence de neutralité risque au contraire d’attiser les individualismes et de ghettoïser davantage chaque groupe social », estime Françoise Brandt, professeur d’histoire et de religion.
Pour elle, la suppression de ces cours pour renvoyer le débat dans la sphère privée risque d’être une erreur, alors que la société tente de lutter contre toutes les formes de radicalisme. « Les cours de religion et de morale interrogent chaque personne dans les valeurs proposées par un système de pensées. Ils ne visent pas à endoctriner mais à interroger l’Homme dans sa finalité et dans les buts poursuivis par sa participation à une société. L'enseignement religieux et laïque dispensé par les écoles permet aussi de nombreux débats entre les élèves et donc une réflexion globale qui permet de construire l’individu. L’apprentissage de la tolérance et le respect des idées de l’autre se construit au travers du débat… ce que permettent les cours philosophiques. »

Aiguiser l'esprit critique

Tout dépend bien sûr ce ce qui viendra combler cette supression. On parle d'un tronc commun de philosophie, ou de citoyenneté ou d’histoire des religions... L'important aujourd'hui n'est-il pas de permettre aux jeunes d'aiguiser leur esprit critique, ce qui semble être la plus grande lacune des élèves à la sortie des études secondaires ? Si un nouveau cours permet d'ouvrir le débat et l'esprit des élèves à partir des sujets d'actualité, pourquoi pas ? Encore faut-il que les professeurs y soient bien préparés.

Stéphanie Grofils

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