Vie de parent

« Tout coûte plus cher : promis,
je fais gaffe à l’argent ! »

« Tout renouveler à chaque rentrée, c’est débile ! Je n'ai jamais compris pourquoi tant de familles rachètent toutes les fournitures en début d’année scolaire. Moi, ma fierté, c’est de les faire perdurer. Mon plus beau coup, c’est ma petite de 6 ans qui hérite du stylo, de la règle et de la trousse de ma grande de 18 ans. De quoi plaire aux parents bobos. Mais est-ce qu’ils appliquent ce genre de règle ? »
Annie, maman solo de Sarah, 6 ans, Jérémie, 8 ans, Suzanne, 11 ans et Inès, 18 ans

« Tout coûte plus cher : promis, je fais gaffe à l’argent ! »

Commençons directement par le chapitre le plus sensible pour beaucoup d’entre vous : le budget familial parfois trop étriqué. Surtout en cette période de rentrée où il faut penser fournitures, tenues vestimentaires et sportives sans parler des activités et des voyages scolaires. Vous avez souvent le sentiment que tout coûte plus cher et qu’il faut dépenser encore et encore. Mais nos cinq drôles de Mam’s, Annie en tête, et d’autres parents ont plein de petits trucs pour ne pas avoir les mains plus longues que les poches. Et ils les partagent avec vous.

Catherine, deux enfants de 5 et 10 ans :
« Les trucs qui durent »
Ce qui est génial dans l’école de mes enfants, c’est qu’en plus d’une liste toute simple et pas trop farfelue, ils recommandent bien aux parents de réemployer les fournitures de l’an passé. Mon leitmotiv, c’est : plus ils aiment, plus ils en prennent soin, plus ça dure. Un exemple ? Les mallettes de marques connues, style Kipling par exemple, que je vais acheter soldées en fin d’année scolaire au Grand-Duché. J’en ai pour 100-150 €, ça dure trois ans, c’est incassable.

En lisant les propos de Catherine, il nous vient une idée. Pourquoi ne pas opter pour un cartable fait de vos propres mains avec vos minots. Impossible ? Mais non. On a craqué sur beaucoup de modèles. Imaginez votre enfant avec son cartable personnalisé et pourquoi pas son prénom écrit en gros dessus. Classe ? Mieux que ça ! Unique… Tout sur le blogmespetitescoutures.com

Ah, les petites malignes !

Sophie, une fille de 3 ans et un garçon de 3 mois :
« Un coup de pouce familial »

Cette rentrée est un peu spéciale, vu que notre cadet vient de naître et que sa grande sœur a été également couverte de cadeaux. Plutôt que de se retrouver avec des choses parfois inutiles, on a glissé à l’oreille de la famille et des amis de penser de façon pratique. C’est-à-dire qu’elle s’est fait offrir tout ce qui est mallette, boîte à goûter, petite tenue pour la rentrée, etc. Et elle est ravie de ce genre de cadeaux, ça l’aide à se projeter un peu pour l’année à venir.

Maria, cinq enfants de 3 à 19 ans :
« Les bonnes affaires d’après rentrée »

J’ai la réputation d’être très organisée et d’avoir une vision à long terme. Obligé, avec cinq enfants ! Un truc qui m’échappe dans les discussions avec les autres parents, c’est qu’il y a des tonnes d’offres intéressantes et de promos tout au long de l'année et surtout juste après la folie de la rentrée. Dans un mois, vous allez tout payer moins cher. Alors pourquoi s’en tenir à fin août-début septembre pour les achats ? Là où les prix sont au max ? Si vous achetez un peu tout au long de l’année, vous ferez jusqu’à 50 % d’économies, si ce n’est plus. Étaler plus pour gagner plus, en gros.

Maria a parfaitement raison. C’est un peu la grande démarque toute l’année, sur internet et ailleurs. Pour ceux qui sont aux taquets des bonnes affaires, sachez qu’il existe même des sites pour traquer les prix moins chers et les soldes partout à travers l’Europe. Comme : mes-ventes-privees.com, acheter-moins-cher.com, radins.com pour ne citer qu’eux. Pour une fois que le Ligueur vous encourage à être pingres !

Ensemble, on dépense moins

Priscilla, maman solo, trois enfants de 3, 5 et 7 ans :
« Vive l’économie consciente »

La grande résolution de la rentrée, c’est de vivre majoritairement de l’économie solidaire et de se rendre le moins possible dans les supermarchés. Comme un déclic, je préfère privilégier les producteurs locaux, multiplier les paniers bios (efarmz.be), aller à laruchequiditoui.be. En fait, vous entendrez beaucoup de personnes mettre l’argument éthique en avant : moi, c’est avant tout l’argument économique qui me parle. Des légumes qui viennent du GAC sont deux fois moins chers qu’au supermarché et ont deux fois plus de goût. Je conseille aux parents d’essayer et de comparer. C’est le jour et la nuit niveau budget.

Florian, deux garçons de 12 et 16 ans :
« La révolution des radins »
Notre façon de consommer au moment de la rentrée en dit beaucoup sur la façon dont nous vivons : on se précipite, on achète vite… de la mauvaise qualité ! On aime, puis on jette. Mes fistons ne sont pas élevés dans le culte de l’emballage bariolé. Une trousse, des crayons ou même des vêtements neufs ne les excitent pas. Nous récupérons vos restes ! Des fournitures gratuites en passant par les bons plans style vide-greniers, sites d’occasions (kapaza.be, seconde main, etc.).
Sur Facebook, de plus en plus de groupes permettent de faire des affaires. Ma dernière idée de génie ? J’ai déniché le contact d’une centrale de papeterie, ce qui permet dans certains cas de réaliser des économies de 10 à 25 %. Et on adore se retrouver entre amis et s’unir contre les modes de consommation absurdes. C’est la révolution des radins !

Nanou, quatre enfants de 9 à 16 ans :
« Négociez ! »
Comme Florian, on a de plus en plus le réflexe des sites marchands sur internet. Et ce que je fais maintenant, c’est que j’organise des groupes sur Facebook pour passer commande, partager les frais de port et faire baisser les prix. J’économise jusqu'à 80 % des dépenses en livres scolaires, par exemple. Il ne faut pas hésiter à marchander tant auprès des particuliers que des grands groupes, pour réduire au maximum les dépenses. Sur internet, tout est négociable.

Nanou, Florian et tous les autres ne jurent que par les bonnes affaires en ligne, notamment les manuels scolaires. En ce qui concerne les livres, attention : ils font partie des frais interdits que l’école ne peut vous réclamer. Plus d’infos sur ces frais interdits sur leligueur.be
Si vous ne souhaitez pas vous prendre la tête ou risquer des tensions en portant plainte contre ces frais interdits, et que vous décidez d’acheter des livres scolaires en seconde main, pensez à vérifier si les éditions ne sont pas dépassées et assurez-vous qu’elles soient complètes et lisibles.

Argent et école : mauvais ménage !

Yann, quatre enfants de 11, 14 et 17 ans :
« L’injustice financière »
L’enseignement est obligatoire et loin d’être gratuit. Entre les fournitures scolaires, les tenues de sport et les goûters, notre école fait partie de celles qui ne renoncent à aucun moyen, parfois illégalement, pour encaisser les frais facturés aux parents (ndlr : rendez-vous sur leligueur.be à propos des frais interdits !). C’est rageant, je trouve. Argent et école font mauvais ménage ! Le lien est violent pour les plus précaires et entache la relation de confiance - ô combien précieuse - entre enfants-parents-enseignants. Dans notre école, nous nous sommes saisis de l’association des parents pour imposer une culture égalitaire.

Virginie, six enfants de 6 à 18 ans :
« Additionnons… »
L’inscription à l’école, d’accord. Mais quand se rajoutent des voyages de fin d’études, ça devient tout de suite plus compliqué. Cette année, mes deux fils sont en rhéto. Ce qui veut dire deux voyages dans une capitale européenne. Soit, deux fois 500 €. Il faut pouvoir les sortir.
Rajoutez à cela tous les frais de cotisation de toutes les activités, soit 300 € par enfant. Plus le scoutisme, 50 € par tête de pipe, les cours de musique particuliers… c’est la cata ! Du coup, on échelonne. On rassemble tous les frais et on les répartit, mois par mois. Heureusement que les activités sportives sont déductibles des impôts et que certaines mutuelles remboursent une partie des dépenses.

Des sous-sous dans la popoche

Annie, quatre enfants de 6 à 18 ans :
« Un simple bocal comme cagnotte »
La valeur de l’argent et la gestion d’un budget, c’est un truc que je veux inculquer à mes gosses. Mais comme je n’ai pas les moyens de refiler des sommes astronomiques ne serait-ce qu’à mes aînés, j’ai trouvé un autre système. Je fais une sorte de cagnotte commune dans laquelle chacun me demande l’autorisation de puiser avant de se servir. Ma fille a besoin de 10 € pour sortir avec les copines ? O.K., mais c’est la dernière fois dans le mois. Mon fils veut une fringue neuve pour la rentrée ? Très bien. « Comme tu as tenu deux mois, sans rien t’acheter, tu as le droit à X € », lui dis-je. Ainsi, ils capitalisent, épargnent et gèrent. Et au final, je n’ai pas de sommes d’argent régulières à sortir. Juste ce bocal dans lequel je glisse de la monnaie et dans lequel je sais exactement ce qu’il y a.

Florian, deux garçons de 12 et 16 ans :
« Smartphone de la débrouille »
Mon fils aîné ne rêve que d’une chose : un smartphone. Entre l’achat de l’appareil, et le forfait qui va avec, on trouve que c’est une somme énorme. On a trouvé un compromis pour la rentrée. On lui offre un smartphone dans un super état, mais d’occasion. On lui prend un forfait sans abonnement à internet et il se connecte où bon lui semble. Sur le wifi de la maison, dans les magasins, dans son horrible fast-food… Les interdits sont à l’école et pendant la nuit dans sa chambre. Bon, maintenant, il faut négocier avec le petit qui veut le sien aussi. Ah, être parent au XXIe siècle, je vous jure…

Virginie, six enfants de 6 à 18 ans :
« Honneur aux aînés »
J’ai un fils âgé de 18 ans et un autre de 16 ans et demi. Ils sont au même niveau scolaire, ont les mêmes sorties, mais l’aîné reste l’aîné, il a ouvert la voie. Donc, je trouve tout à fait normal de lui donner plus. Je ne parle pas d’une somme beaucoup plus importante. Nous lui donnons, chacun de notre côté son père et moi, 15 €, contre 10 € chacun pour le second. Et pour le reste, ils font des petits jobs. S’ils veulent aller à un festival comme ce fut le cas cet été avec les Francofolies, ils trouvent le gros de la somme et on complète… éventuellement !

Et du côté du Ligueur ?

Romain, secrétaire de rédaction, papa de Joséphine, 8 ans, d’Émile, 3 ans, et de Sidonie, 8 mois :
« Un budget serré, et alors ? »

Des listes de fournitures scolaires à rallonge, des vêtements trop petits, des activités en pagaille, oui, la rentrée, ça coûte cher. Le budget est serré ? Eh bien, on fait avec et pas question de dépasser la somme prévue ! Pour y arriver, un truc facile : en septembre, on n’achète que l’essentiel. Tout ce qui peut attendre attend, comme par exemple les gros classeurs : on sait très bien que c’est pour ranger les cours en fin de trimestre.
Comme pas mal de parents, on commence aussi par un bon tri de ce qu’il reste de l’année précédente. Pour les crayons de couleur ou les feutres, on fait un nouveau jeu complet avec ce qu’on a sous la main. Et on explique aux enfants que ce n’est pas super grave de ne pas avoir une boîte neuve, que l’important, c’est avant tout d’avoir le matériel et qu’ils pourront toujours dessiner.
Une fois passé le mois de septembre, on refait un tour de ce qui est manquant. Et là, comme le gros des achats est passé, on peut plus facilement compléter sans exploser le budget.

Yves-Marie Vilain-Lepage

LES CONSEILS DU LIGUEUR

À l’école

Comment choisir un cartable ?

  • Préférez un cartable sur le dos qu’un cartable à roulettes qui amène l’enfant à se faire une torsion de la colonne vertébrale en tirant cet objet souvent trop lourd.
  • La largeur du cartable doit correspondre à celle des épaules de votre enfant.
  • Ses bretelles doivent être larges et pas trop longues.
  • L’ouverture est aisée pour les petites mains.
  • Le poids du cartable plein ne doit pas dépasser 10 % du poids de votre enfant.

On vous en dit plus sur leligueur.be

Où trouver des fournitures scolaires durables ?

  • Papier et carton recyclés, objets en bois non traités issus de labels de gestion durable mais aussi matériel réutilisable et solide, Achats Verts propose des critères de choix pour différents types de produits, des conseils et même des formations pour mettre en œuvre les achats durables dans votre entourage.

Trier et recycler, tout un art !

  • Pensez que les affaires peuvent être réutilisées d’une année sur l’autre.
  • Protégez-les avec du plastique. Les classeurs peuvent ainsi être réutilisés pendant plusieurs années.
  • Confiez la trousse des grands à vos plus petits qui sont souvent fiers de ressembler aux aînés ! Et puis… n’est-ce pas une vraie transmission ?

Rendez-vous aux bourses

  • Retrouvez dans l’agenda de la Ligue des familles, les bourses, les ventes de matériel scolaire et de vêtements de seconde main mises en place tout près de chez vous par nos volontaires.

À la maison

Un coup d’avance

C’est peut-être le conseil n°1 des parents et des spécialistes. Penser à étaler vos dépenses de la rentrée sur l'année peut être un bon moyen d'alléger la facture et de ne pas tout dépenser d'un coup. Et il n’est jamais trop tard pour le rappeler.

Argent de poche : combien leur donner ?

  • 10 € à 7-8 ans
  • 20 € aux 9-10 ans
  • 40 € entre 11 et 17 ans, frais de smartphone compris.
  • Encouragez vos plus grands dès l’âge de 16 ans à trouver un petit job, au moins durant les congés scolaires. En savoir + : Job étudiant : les démarches à suivre.

Fashion Kids pour la rentrée

  • Le goût des marques naît de plus en plus tôt. Attention, on ne dénigre pas, cela fait partie aussi de l’identité de nos jeunes consommateurs d’enfants. Mais pas besoin de les transformer en panneaux de pub non plus ! Pour les sensibiliser, expliquez-leur le parcours d’un T-shirt et les traces de pollution et autres dégâts qu’il laisse derrière lui dans d’autres parties du monde.