Vie de parent

Un centre PMS, pour qui, pour quoi ?

De l’entrée en maternelle à la sortie de la rhéto, les centres PMS offrent un suivi psychologique, médical et social aux élèves. Mais concrètement, qu’est-ce que votre centre PMS peut faire pour vous ? Rencontre avec Christophe Demil, directeur du centre PMS WBE de Molenbeek.

Un centre PMS, pour qui, pour quoi ?

Difficultés d’apprentissage, décrochage scolaire, réorientation, harcèlement, dyslexie, problèmes familiaux… le parcours scolaire de nos enfants est parfois semé d’embûches. Depuis plus de cinquante ans, les centres PMS (pour psycho-médico-sociaux) se veulent un lieu d'accueil, d'écoute et de dialogue où le jeune ou sa famille peuvent aborder les questions qui les préoccupent. Les centres PMS sont composés de psychologues (conseillers psychopédagogiques), d'assistants sociaux (auxiliaires sociaux) et d'infirmiers (auxiliaires paramédicaux) qui travaillent en équipe. Un médecin est également attaché à chaque centre PMS.
Tout comme un établissement scolaire, le centre PMS appartient à un réseau organisé ou subventionné. « Selon les réseaux, les PMS ne fonctionnent pas tout à fait de la même façon, les missions principales restent toutefois similaires », commente Christophe Demil, directeur du centre PMS WBE de Molenbeek.

Trois missions, huit axes

Définies par décret, les principales missions des centres PMS sont au nombre de trois. La première : promouvoir les conditions psychologiques, psychopédagogiques, médicales et sociales pour offrir à l’élève les meilleures chances de se développer. « Concrètement, nous mettons en œuvre des actions pour préparer au mieux les élèves à entrer dans le monde citoyen et professionnel et les aider à se développer harmonieusement », explique Christophe Demil.
« Notre seconde mission est de contribuer au processus éducatif des élèves. Tout au long de leur parcours scolaire, on leur offre les moyens de progresser et de s’assurer les meilleures chances de réussite, poursuit-il. Enfin, nous soutenons les élèves dans la construction positive de leur projet de vie sur le plan scolaire, mais aussi au niveau personnel et professionnel. »
Ces trois missions sont traduites en huit grandes catégories d’actions : l'offre de services aux consultants, la réponse aux demandes des consultants, les actions de prévention, le repérage des difficultés, le diagnostic et la guidance, l'orientation scolaire et professionnelle, le soutien à la parentalité et l'éducation à la santé.

Repérer les difficultés et proposer des solutions

En primaire, la grande majorité des demandes adressées aux centres PMS concerne les difficultés d’apprentissage. « Certains parents nous contactent car ils constatent que leurs enfants ont des difficultés à suivre dans certaines matières. Dans d’autres cas, ce sont les équipes éducatives qui nous interpellent », explique Christophe Demil.
En effet, les centres PMS travaillent en étroite collaboration avec les écoles. « Régulièrement, nous organisons des réunions avec les professeurs durant lesquelles on passe en revue les élèves et leurs éventuelles difficultés. Des tests sont aussi systématiquement organisés à certains moments charnières du parcours scolaire des élèves (par exemple, à la fin de la 3e maternelle) pour évaluer leurs acquis ».
L’objectif est de donner aux élèves les remédiations appropriées en temps et en heure et d’éviter ainsi les retards d’apprentissage. Parfois, des activités supplémentaires à faire avec l’enfant sont proposées aux parents sous forme de jeux. Dans d’autres cas, les parents seront réorientés vers des professionnels comme des logopèdes, des neurologues, des pédopsychiatres, des psychomotriciens, etc.

Difficultés relationnelles et négligence

En primaire déjà, les difficultés relationnelles en classe font aussi l’objet de demandes d’intervention. « Même si on ne parle pas encore de harcèlement, il arrive que nous devions aider des élèves à trouver leur place », commente Christophe Demil.
Enfin, les centres PMS sont aussi régulièrement interpellés par les écoles pour des cas de maltraitance ou de négligence. « Un instituteur qui remarque que l’enfant présente des traces ou des bleus sur le corps, qu’il y a un gros souci d’hygiène, que sa boîte à tartines est régulièrement vide, qu’il n’a jamais ses affaires, etc., peut faire appel à nous afin que nous rencontrions les parents », précise le directeur.
Dans le cadre de l’axe santé, des actions de sensibilisation sont aussi organisées dans les écoles. « En début du fondamental ou du primaire, nous allons, par exemple, organiser des animations sur l’hygiène dentaire, le sommeil, la pyramide alimentaire… On parlera aussi de la liberté, du respect, etc. En fin de primaire, la puberté et les changements corporels sont au cœur des actions de sensibilisation lors des animations sur l'éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) », illustre Christophe Demil. En 6e primaire, les centres PMS organisent aussi des sessions d’information sur le 1er degré du secondaire.

Les parents gardent leur libre arbitre

Le centre PMS analyse toutes les demandes, qu’elles émanent de l'élève, des parents, de l’école ou de tout autre service impliqué dans l'action éducative. Lorsque la demande n’émane pas directement d’un élève ou de ses parents, le PMS veille à ce que ceux-ci soient informés.
« L’école doit expliquer à l’élève pourquoi elle souhaite qu’il soit vu au centre PMS. On travaille en totale transparence et on fait toujours un retour au demandeur », précise Christophe Demil. L'écoute et la prise en charge de la demande se font dans le respect du secret professionnel.
Les avis du PMS sont donnés à titre consultatif, c'est-à-dire que les parents sont libres d’en faire ce qu’ils veulent. Christophe Demil souligne toutefois que, dans la majorité des cas, les parents se montrent ouverts aux recommandations prodiguées.
« Quelques difficultés subsistent parfois dans la mise en œuvre de nos solutions. À Bruxelles, la langue peut être un véritable frein. Difficile en effet de conseiller des exercices de lecture à un parent qui maîtrise mal le français. Concernant le renvoi vers des spécialistes, on constate aussi que ce n’est pas toujours possible pour les familles pour des raisons financières. »
C’est à ce niveau qu’intervient le soutien à la parentalité. « Nous rassurons les parents sur leurs capacités à prendre en charge leur·s enfant·s et nous essayons de faciliter et renforcer le dialogue famille-école, développe-t-il. En cas de divorce ou de deuil, on peut demander à l’école d’être attentive à l’enfant, de relayer les éventuelles difficultés ou incidents. On propose aussi des espaces de parole aux familles ».

Neutralité et gratuité

Pour Christophe Demil, la neutralité est sans aucun doute l’un des grands points forts des centres PMS. En effet, même s’ils travaillent en étroite collaboration, les centres PMS ne dépendent pas des écoles. « Notre objectif est le bien-être de l’élève. Nous avons une totale neutralité dans les avis que nous rendons. Par exemple, si un élève ne trouve pas l’option ou la filière qu’il veut dans son école, nous sommes tout à fait libres de l’informer ou de le réorienter vers un autre établissement », illustre-t-il.
Par ailleurs, l’approche des centres PMS est pluridisciplinaire. « Nous voyons les élèves dans leur globalité et nous les suivons sur le long terme. Même si l’élève change d’école, nous pouvons transférer son dossier au nouveau PMS avec l’accord des parents. Ainsi, nous pouvons l’accompagner tout au long de sa scolarité, voir ce qui a eu effet ou non, etc. »
Autre avantage : les services des centres PMS sont gratuits. « C’est à la fois une force et une faiblesse, nuance Christophe Demil. Comme c’est gratuit, les élèves ou les parents n’honorent pas toujours leurs rendez-vous et cela rallonge la liste d’attente. À Bruxelles, il nous arrive souvent de devoir faire appel à des traducteurs pour des entretiens avec les parents. S’ils ne viennent pas ou annulent en dernière minute, ça prend du temps pour planifier un nouveau rendez-vous et trouver une autre date qui convienne à tout le monde. Sachant que nous manquons cruellement de personnel, c’est vraiment dommage de perdre ainsi du temps ».

Des centres en sous-effectif

En effet, pour Christophe Demil, c’est au niveau des effectifs et de la stabilité de ceux-ci que le bât blesse. Par exemple, son centre PMS emploie trois psychologues, trois assistants sociaux et six infirmières pour un total de 7 000 élèves. « Cela explique en partie la lenteur déplorée par certains parents, commente-t-il. Par ailleurs, nous sommes un centre de première ligne. Pour toute une série de choses, nous renvoyons les parents vers des spécialistes afin qu’ils objectivent ce que nous avons observé. Tant que nous n’avons pas reçu leur diagnostic, nous ne pouvons pas mettre en place les remédiations ou adaptations nécessaires. Les délais d’attente étant parfois de plusieurs mois, cela ralentit forcément la procédure ».
Les demandes sont aussi de plus en plus complexes. Si les difficultés d’apprentissage restent la base, Christophe Demil constate malgré tout que les problèmes rencontrés par les élèves sont multifactoriels : « On a besoin de plus d’intervenants pour mettre en place des prises en charge spécifiques et adaptées ». Depuis l’arrivée des nouvelles technologies, de nouveaux problèmes, comme le harcèlement sur les réseaux sociaux, voient aussi le jour.
« Aujourd’hui, c’est un vrai problème, assure-t-il. Sans parler des phénomènes de mode, comme le blue whale challenge (50 jours pour mourir), qui a sévi pendant toute une période ». Les parents sont aussi plus attentifs qu’autrefois aux difficultés que leurs enfants peuvent rencontrer et viennent plus facilement solliciter le soutien des centres PMS.
Enfin, certaines périodes sont plus chargées que d’autres. « On a des pics de demandes à certaines périodes de l’année scolaire. Au moment des bulletins, les parents veulent tous faire un bilan des résultats. En avril et mai, nous recevons énormément de demandes pour des tests d’orientation. Et, malheureusement, on ne peut pas se dédoubler pour répondre à toutes les demandes qui arrivent en même temps ».

G. H.

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Et en humanités ?

En secondaire, les missions du PMS restent les mêmes, avec un focus sur l’orientation scolaire et professionnelle. Lors de passages dans les classes, de rendez-vous individuels ou par courrier, parents et élèves sont informés sur les différentes orientations possibles. Christophe Demil constate toutefois que les ados se renseignent de plus en plus par eux-mêmes : « Ils viennent surtout nous voir pour être rassurés dans leur choix. Durant les entretiens, nous aidons les élèves à se poser les bonnes questions et à affiner leur projet ». En 5e et 6e secondaire, les tests d’orientation rencontrent beaucoup de succès.
Le centre PMS peut aussi être consulté pour des problèmes de santé ainsi que pour toute situation d’absentéisme, de violence, de racket, de maltraitance, d’exclusion scolaire, de décrochage scolaire....

Comment contacter le centre PMS ?

  • Par téléphone, par fax, par courrier, par mail…
  • Sur enseignement.be 
  • Par contact direct lors des réunions de parents, des rencontres informelles et lors des permanences dans les écoles.

Les parents en parlent...

Trop lent

« J’ai fait appel au centre PMS de l’école de mon fils car j’avais constaté qu’il avait des difficultés de lecture. Après plusieurs semaines sans nouvelles, j’ai finalement décidé d’aller par moi-même consulter un logopède et faire un bilan neuro-psy. Le PMS m’a finalement recontacté pour me proposer des pistes très intéressantes… mais que j’avais déjà explorées. Dommage qu’il n’ait pas réagi plus rapidement. »
Véronique, un fils de 7 ans 

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