Vie de parent

Voyages et sorties scolaires : gérer, c’est prévoir

Elles sont nombreuses, les sorties hors les murs de l’école et ce, depuis tout petit déjà. Il y a les sorties culturelles et sportives qui durent un seul jour, les classes de dépaysement qui s’étalent sur deux jours ou plus et, enfin, les voyages scolaires à l’étranger très souvent pour cinq jours ou plus. Inviter nos jeunes à arpenter le monde, c’est très bien, mais que coûtent ces périples ? Autant savoir à quoi vous attendre.

41 % des parents paient plus de 10 € pour une sortie culturelle ou sportive en secondaire

C’est évidemment en secondaire que les coûts de ces sorties d’un jour sont le plus élevés puisque les parents de 2 jeunes sur 5 paient plus de 10 €. À l’autre extrémité de la gamme des prix, un tiers des parents d’enfants de maternelle paie également cette somme, mais un tiers aussi débourse moins de 5 € pour le même type d’activité.
Quant aux parents d’enfants de primaire, qui sont généralement de gros consommateurs d’excursions, les chiffres montrent qu’ils sont 3 sur 5 à payer moins de 10 €. La gratuité de ces journées reste rare - 1 enfant sur 10 est concerné - quel que soit le niveau scolaire.

Seuls 10 % des enfants ont bénéficié gratuitement d’une classe de dépaysement en maternelle

Seuls les enfants de maternelle peuvent avoir l’occasion de vivre deux jours hors les murs de l’école sans payer un kopeck. Et encore… ils sont 1 sur 10 à avoir eu cette chance. Par contre, c’est le secondaire qui une fois de plus décroche la timbale avec plus d’un tiers des parents qui paie plus de 120 € pour deux jours de déplacement. En primaire, les sommes à verser sont à peine plus modestes puisque pour 3 enfants sur 5, la classe de dépaysement coûte entre 60 et 120 € et plus !

 

 

20 % des parents paient entre 101 et 300 € pour un voyage scolaire en primaire

frown Cette fourchette de 101 à 300 € semble être le prix moyen pour un voyage de plusieurs jours, que ce soit en primaire ou en secondaire. Les prix s’élèvent plus sérieusement pour les élèves de secondaire. Ils sont 1 sur 3 à qui on demande de payer entre 301 et 1 000 €. Les élèves de maternelle ne sont évidemment pas concernés par ce type d’activité, comme - et c’est étonnant ! - un très gros tiers des élèves de primaire et de secondaire.

 

 

 

 

189 enfants et ados ne sont pas partis en voyage scolaire pour des motifs financiers

sad Sur les 1 700 enfants âgés de 3 à 18 ans de notre échantillon, 277 ne sont pas partis à une ou plusieurs sorties scolaires ou à un ou plusieurs voyages scolaires. Les raisons de cette non-participation ? Pour 70 % d’entre eux (189 enfants et ados sur 277), le coût trop élevé de l’activité est le premier motif, ce qui nous paraît énorme quand on sait que pour les directions d’école, aucun enfant ne peut être empêché de partir pour des raisons financières et qu’une série d’aides est mise en place (lire l’encadré ci-dessous).
Cette décision de ne pas participer à une sortie ou à un voyage est douloureuse pour l’enfant qui se sent exclu d’un moment collectif qui soude davantage la classe. Elle est tout aussi pénible pour les parents qui ont le sentiment de commettre une injustice.
Les autres motifs pour ne pas laisser partir l’enfant sont médicaux ou simplement affectifs. 13 % des enfants en maternelle ne partent pas, tout simplement parce que papa ou maman veut les garder tout près d’eux. On atteint presque le même pourcentage en primaire…

Myriam Katz

Bon à savoir

Les aides mises en place

Lors de notre enquête qualitative, nous avons pu observer que l’ensemble des écoles met tout en œuvre pour faire en sorte que les enfants dont les parents sont en difficulté financière puissent participer à toutes les activités hors les murs de l’école. Les établissements peuvent organiser :

  • Un système de mutualisation (les parents qui ont davantage de moyens ajoutent quelque sous dans l’enveloppe destinée à l’organisation de la sortie ou du voyage scolaire).
  • L’un ou l’autre événement (avec l’aide ou non de l’association des parents) dont les bénéfices iront dans la cagnotte voyage scolaire.
  • Enfin, si des difficultés persistent, une intervention du CPAS est possible. Soit la direction fait appel au CPAS qui instruit ou non le dossier, soit le CPAS prévient la direction et trouve directement un arrangement.

En pratique

Les voyages : pas obligatoires

Les voyages scolaires ne sont pas obligatoires, mais la grande majorité des parents l’ignore. L’école n’annoncerait-elle pas clairement les règles, dès le début de l’année ? La chose est tentante quand on sait qu’aujourd’hui l’école est un produit de consommation comme un autre et que les voyages scolaires sont souvent un argument de séduction pour attirer les inscriptions. Marketing scolaire ou mauvaise perception des parents, qu’importe, la règle est que si un voyage de plus de cinq jours n’atteint pas un niveau de participation de minimum 90 %, il n’a pas lieu.

La Ligue des familles demande… 

… que ces moments de vie en dehors de l’école :

  • aient une dimension pédagogique ;
  • soient accessibles aux élèves les plus en difficultés.