Vie de parent

Wolfgang et l’enseignement : drôle de parcours

Un passage difficile dans l'enseignement ordinaire, une transition dans l'enseignement spécialisé et un retour dans l'enseignement ordinaire, tel est le parcours de Wolfgang. Sa maman raconte.

Un bébé grave, mutique, passionné par les images, par le rangement aussi... Dès les premiers mois, Isabelle a senti que Wolfgang était différent. Mais la famille, les médecins, tous autour d'elle, affirmaient le contraire. Leur argument ? Le développement variable des enfants.
Sauf qu'il a bien fallu se rendre à l'évidence devant les difficultés rencontrées en maternelle. Une incapacité à être bien avec les autres, de la peur, de l'anorexie. Le diagnostic d'autisme établi, Wolfgang rejoint l'enseignement spécialisé.
« Là, c'est le déclic, explique Isabelle, mon fils reprend confiance. Il est entouré de professionnels formés pour cela. Il se met à parler. Il accepte de se nourrir d'autres aliments que de fromage blanc. Les progrès sont tels qu'il est prêt, avec six autres enfants handicapés, à faire partie d'un projet d'intégration collective dans l'enseignement ordinaire. »

Une intégration bénéfique

Ces initiatives sont rendues possibles depuis un décret de 2009. Un professionnel de l'enseignement spécialisé continue d'encadrer les enfants dans la classe de l'enseignement dit ordinaire. « Ce qui est beau aussi dans ce projet, précise Isabelle, c'est que tous les enfants se trouvent soutenus dans leurs difficultés par les deux enseignants qui interviennent simultanément en classe. »
Bilan au terme de la 5e année d’enseignement primaire : une plus grande aisance sur le plan social, un gain d'autonomie et un goût de la parole de plus en plus affirmé. À l'heure actuelle, 5 % seulement des élèves issus de l'enseignement spécial bénéficient de cette intégration. En cause : des budgets limités, des appréhensions côté enseignants, parents et enfants...
« Pourtant, relève Isabelle, c'est un non-sens d'avoir une telle ségrégation, ce sont des pratiques d'un autre temps. Comment peut-on espérer vivre ensemble plus tard si on n'a pas appris à le faire dès l'enfance ? ». Et de souligner que, si la majorité des enfants autistes ne présentent pas de déficience intellectuelle, l’on peut intégrer un enfant quel que soit son besoin spécifique. L’important, c’est que cette intégration soit bénéfique, dans le cadre d’un projet adapté à l’enfant.
Plus d’infos sur inforautisme.be ou auprès des parents, Cinzia et Flavio Tolfo au 0476/94 65 18 et Youki et Jean-Pierre Naedts au 02/771 47 71.

Véronique Janzyck

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