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1967 : l’aventure selon Jean-Pierre

1967 : l’aventure selon Jean-Pierre

Ce n’est pas tous les jours qu’on reçoit un mail de Patagonie. Et pourtant, c’est ce qui est arrivé au Ligueur il y a quelques jours. L’expéditeur ? Jean-Pierre Raemdonck. À moins que vous ne soyez abonné·e au Ligueur depuis plus de 53 ans et que vous disposiez d’une mémoire phénoménale, ce nom ne vous dit sans doute rien. Pourtant, Jean-Pierre Raemdonck a fait la une de votre magazine en 1967. C’est lui, le jeune belge, souligné en rouge dans l’image ci-dessus.
À l’époque, il est question d’un garçon parti à l’aventure dans les années 60. Il vit en Patagonie depuis six ans. Il est présenté comme un homme d’action, « modeste comme tous ceux qui ont fait quelque chose de valable ». Plutôt positif donc, dans ce numéro de 1967, le Ligueur voit dans l’histoire de Jean-Pierre un véritable exemple. « L’aventure n’est-elle pas de tous les temps, aujourd’hui comme hier, indispensable à une jeunesse qui ne soit pas uniquement de la semence de petits bourgeois confortables et revendicatifs ? ».
Cette aventure, elle, s’est poursuivie, là-bas, en Patagonie. « Aujourd’hui, 53 ans plus tard, nous écrit Jean-Pierre, j'ai le plaisir de vous faire participer à la suite de ma vie, toujours au bord du même lac, accompagné depuis 1977 de ma chère épouse Bernadette, maintenant avec notre titre honorifique de grands-parents ». L’eau et les années ont coulé sous les ponts. Avec le temps, une vie s’est déployée là-bas, de l’autre côté de l’Atlantique.
Pressés par des amis, des voisins, des membres de la ville, Jean-Pierre a décidé de raconter cette expérience peu ordinaire. Pour mener à bien sa tâche, il a créé un blog intitulé Recuerdos de vida. Chaque samedi, il livre une tranche de souvenirs. C’est écrit en espagnol, certes, mais le miracle de Google traduction permet de rentrer dans le propos sans peine.
Sous le titre Mon histoire familiale, l’ancien jeune homme aventureux des sixties déroule les moments qui ont façonné sa vie. C’est que, dans cet itinéraire, Jean-Pierre estime que la famille a toujours été prioritaire d’où, peut-être, son attachement à l’Argentine où « les valeurs familiales se maintiennent solidement ». Dans notre échange de mails, il conclut : « En vous remerciant de nous évoquer dans votre rubrique ‘Archive du Ligueur’, nous vous envoyons, ainsi qu'à vos lecteurs, nos salutations distinguées ». On passe le message et on se réjouit d’avoir donné écho à cette petite phrase écrite en 1967 dans le Ligueur : « Nous avons demandé à Jean-Pierre quelques traits de son existence, espérant que dans l’avenir, il nous donnera encore des nouvelles de ce rêve accompli ».
T. D.