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Automne 1969 : crises et rythmes scolaires

Automne 1969 : crises et rythmes scolaires

Fin 1969, cette une fait quasiment office de manifeste. La typographie du dessus de page, toute en rondeurs et arabesques, trahit l’époque, c’est le genre de lettres dessinées sur les pochettes des disques « pop » à la mode. Le thème ? Les rythmes scolaires. Il s’agit de les changer pour le bien de l’enfant. Tiens, tiens, cela ne vous dit rien ? Pas l’impression de revivre un débat tout récent aux alentours de la Toussaint ? Sur la durée des congés notamment ?
Bon, à chaque période sa question centrale. Ici, c’est : « Faut-il instaurer la semaine de cinq jours à l’école ? ». En effet, en cette fin des sixties, les écoliers vont toujours à l’école le samedi matin. Si le problème s’exprime avec acuité en 1969, la solution ne s’exprimera que quatre ans plus tard. Ce n’est qu’en 1973, que les cours du samedi matin seront supprimés. Pour le bien de l’enfant ? Peut-être, mais ce n’est pas l’argument décisif. Il s’agit de faire face à l’augmentation du prix du mazout. On supprime donc la présence à l’école le week-end et on la répartit sur les autres jours. Pour faire des économies. En secondaire, au quotidien, cela se traduit par des cours qui se terminent cinquante minutes plus tard.
C’est donc un événement extérieur à l’école qui a favorisé l’évolution. Puis le vent de la nouveauté est retombé. Pourtant le constat était toujours là : les rythmes scolaires journaliers semblaient améliorables, ils ne respectaient pas vraiment les cycles d’attention des enfants comme l’expose la une du Ligueur en 1969. Les chantiers sont restés en friche.
Début des années 90, pourtant, la réflexion est poussée assez loin. Au point de s’accorder sur la nécessité d’une modification du rythme scolaire… L’idée ? Raccourcir les vacances d’été de deux semaines et utiliser ces deux semaines pour étendre les congés de Toussaint et de carnaval. Exactement, ce qui a été évoqué par le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles il y a quelques semaines.
À trente ans d’écart, voilà donc l’idée qui refait surface. Organiser les cours en fonction d’un tempo 7 semaines de cours / 2 semaines de congé. Une position défendue il y a dix ans par la Ligue des familles dans une étude sur le sujet : « Selon des spécialistes, cette alternance régulière permettrait un bon équilibre physique et psychique : deux semaines de vacances sont nécessaires, une semaine pour oublier le stress du travail lié au temps scolaire et une semaine pour être en vacances ». Bon, on en reparle dans dix ans ? Ou pas ?
T. D.