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Décembre 1976 : Alain Souchon répond aux questions du Ligueur

Décembre 1976 : Alain Souchon répond aux questions du Ligueur

Regardez-moi ce minois de petit jeunot. À l’époque, Alain Souchon affiche 32 ans au compteur. La chanson, il a commencé à en faire son métier à la fin des années 1960. Suivent quelques 45 tours sans grand retentissement. Mais voilà, deux ans avant cette interview dans le Ligueur, Alain Souchon a croisé la route de Laurent Voulzy. De leur rencontre est né J’ai dix ans, début d’un succès en tandem qui ne se démentira jamais. Là, en 1976, c’est l’album « Bidon » qui vient de sortir, autre carton. Et des tournées en vue avec Serge Lama et Thierry Le Luron.

Ligueur oblige, Alain Souchon, on l’interroge sur la famille. Le rapport au succès et tout ce genre de choses. « Par rapport à mon fils, je tiens à ce que ma vie se déroule de la façon la plus normale du monde. Je souhaite le voir grandir comme tous les autres gosses. Je le tiens éloigné de ce milieu d’artistes. C’est pour cette raison que nous vivons à la campagne ».

Au détour d’une phrase, on apprend que la chanson Petit Pois de ce dernier LP est justement dédiée au fiston. Confession d’un père qui ne parvient pas à rénover sa maison de façon optimale et n’offre donc pas le cocon familial rêvé. Un père qui, parfois, est aussi un peu mal à l’aise lorsqu’il va chercher le gamin à l’école, « Les gens me regardent d’un air curieux ».
Le soir, de temps en temps, Alain Souchon lit une histoire. « C’est très souvent la même qui revient et que le gosse réclame, d’ailleurs. L’histoire du chien très fier conduisant ma voiture ». À l’époque, le gosse, Pierre, ne sait pas que deux ans plus tard, il devra partager les talents du conteur paternel avec un petit frère, Laurent.

Les deux petits Souchon feront aussi carrière dans la musique. Laurent sous le nom d’Ours. Pierre, lui, a notamment chanté au sein des Cherche Midi avec Julien… Voulzy. Un détail qui fait sourire lorsqu’on lit la réponse à la question de savoir comment Pierre réagit lorsqu’il voit son papa chanter. « Pierre se contente de m’imiter », réplique Souchon. On pourrait quasiment déceler dans cette phrase un don de voyance.
T. D.