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Février 1954 : où il est question de grippe, de grog et de vaccin

Février 1954 : où il est question de grippe, de grog et de vaccin

Contexte oblige, cet article a attiré notre attention dans nos quêtes d’archives en résonnance avec ce que l’on vit aujourd’hui. Dans ce papier rédigé par le docteur S., le point est fait sur la grippe et sur la façon de la traiter, « parce que la grippe est une maladie des plus fréquentes en nos climats ».
De façon très érudite, le rédacteur met cette maladie en perspective. Rappelant les ravages de la grippe espagnole à la sortie de la Première Guerre mondiale. Expliquant le problème des souches qui évoluent. Ajoutant que de nombreuses recherches sont en cours, mais que le vaccin miracle n’existe pas encore.
En fait, dix ans auparavant, une campagne de vaccination contre la grippe a déjà eu lieu. C’est un chercheur américain qui a été chargé de travailler sur le dossier. Sa mission ? Produire un premier vaccin à grande échelle pour protéger les troupes américaines en partance pour l'Europe, durant la Deuxième Guerre mondiale. Par la suite, les chercheurs se sont toujours cassé le nez sur les mutations qui touchent le virus. Celui-ci est isolé, mais les vaccins imaginés sont vite dépassés. Et donc rendent inutiles une production de masse ou un stockage éventuel.
En gros, ce n’est qu’une vingtaine d’années après l’article du docteur S. que la vaccination contre la grippe va devenir vraiment efficace grâce à des produits plus « équilibrés », mieux pensés. Donc, en 1954, il faut se soigner avec les moyens du bord. Notre médecin prône les boissons chaudes, l’aspirine, l’antigrippine et le lit pour se reposer. « Rien n’est plus absurde, et plus irritant, que le père de famille qui, sous prétexte d‘endurcir ses enfants, ne tolère pas que leur mère les mette au lit, lorsqu’ils ont la grippe. Dans ce cas, c’est la mère-poule qui a raison ».
On relèvera aussi qu’en fin d’article, le docteur S. n’hésite pas à formuler un conseil supplémentaire : « Il ne faut pas craindre non plus d’accompagner ces remèdes d’un bon grog ou deux. Il m’est arrivé, bien que n’étant pas un pilier de café, d’entrer dans un cafeton, un ‘caberdouche’, et de demander un grog, l’hiver ». Bon, c’est le reflet d’une autre époque, celle où février n’était pas encore le mois de la tournée minérale…
T. D.