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Juin 2002 : Marie, gardienne d’enfants

Juin 2002 : Marie, gardienne d’enfants

« Oui, je me souviens de ce dessin. C’était il y a longtemps. C’était mignon, je venais juste de commencer ». Au bout du fil, Marie. Flashback. Dix-neuf ans plus tôt, en 2002, Marie fait l’objet d’un article signé Martine Gayda. C’est l’histoire d’une maman d’origine rwandaise qui, après avoir quitté son pays natal au début des années 90, est venue s’installer à Nivelles avec son mari belge et leurs trois ados.
Si on l’interroge dans les pages du Ligueur, c’est parce qu’elle est devenue gardienne d’enfants dans une rubrique intitulée « Temps de maman ». « J’avais envie de faire quelque chose de mon existence », explique-t-elle à l’époque. Un jour, une amie infirmière lui souffle qu’il y a un manque criant de gardiennes, pourquoi ne pas s’engager dans cette voie ? Message entendu, après avoir aidé des voisins à garder leur petite, Marie se lance.
En 2002, cela fait cinq ans que Marie a embrassé sa vocation de gardienne. En retombant sur cet article, illustré avec sensibilité par la dessinatrice Anne-Catherine, on s’est demandé ce qu’était devenue Marie. De fil en aiguille, aidés par la mémoire sans faille de notre collègue Martine, nous l’avons eue en ligne, profitant avec chance, d’un petit saut de Marie et de son mari en Belgique.
« Nous ne sommes que de passage en Belgique. Mon mari est reparti travailler au Rwanda, je l’ai suivi. Nous y sommes ensemble depuis plus d’un an et demi. Nous reviendrons ici quand il sera pensionné, dans deux ans ». Jusqu’à ce récent retour en terre rwandaise, Marie a continué à garder des enfants. Aujourd’hui, elle approche de la soixantaine. « Quand je reviendrai en Belgique, j’aurai plus de 60 ans. Est-ce que ce sera raisonnable de recommencer ? Je me pose la question ».
En attendant, son choix de vie, Marie ne le regrette pas. Lorsqu’on lui demande quels sont ses meilleurs souvenirs de gardienne, elle répond : « Tout. C’est un métier que j’ai adoré. Que du bonheur ». En Belgique, ce sont des jeunes adultes, anciens petits gardés, qui l’accostent dans la rue pour la saluer. Au Rwanda, ce sont des petits mots sympas d’enfants qui lui parviennent, demandant « C’est comment l’Afrique ? ». Preuve que leur attachement à Marie dépasse allègrement les concepts de temps, de distances et de frontières.
T. D