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Septembre 1951 : la fin d’un mur entre parents et enseignants ?

Septembre 1951 : la fin d’un mur entre parents et enseignants ?

C’est un petit texte calé dans un bas de page, il y a septante ans tout pile, dans votre Ligueur. Il fait merveilleusement écho au dossier qu’Yves-Marie Vilain-Lepage a concocté pour ce numéro, dossier consacré aux relations enseignants/enfants/parents.
En 1951, six ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le Ligueur voit comme la signature d’un nouvel armistice. Et cette fois, celui-ci se signe entre parents et profs. « Il y avait un mur entre la famille et l’école. De part et d’autre, on ne s’estimait pas outre mesure. ‘Les parents ne comprennent rien au point de vue du professeur’, affirmait-on volontiers entre pédagogues. ‘Les professeurs devraient tout de même se soucier de l’avis des parents’, se plaignaient ces derniers ». Postures connues.
Et pourtant, le Ligueur se veut optimiste. Pourquoi ? Parce que l’école s’ouvre aux parents. « Ils y pénètrent encore un peu gênés aux entournures, non plus seulement, pour s’entendre proclamer des ukases relatifs à leurs rejetons, mais, - ô surprise -, pour être consultés. Des réunions communes de professeurs et de parents se déroulent, çà et là, dans une atmosphère amicale, l’on y confronte ses points de vue quant aux sanctions, aux études, à la formation, au caractère ».
C’est une révolution dans les relations entre les parents et l’école. Le Ligueur cuvée 1951 la loue avec emphase : « Cette tendance favorable doit être encouragée, soutenue, avec énergie. Elle fait partie de cette prise - ou reprise - de conscience familiale que nous avons déjà évoquée ici ».
Cette position du Ligueur est sans surprise, lui qui refuse de voir les parents pratiquement exclus de l’éducation scolaire de leurs enfants. « Cette exclusion, on en revient. Mais comme on revient de loin, ce retour ne sera pas rapide. Et c’est peut-être mieux, car, de part et d’autre du mur, la rencontre doit être préparée ».
En clair, il y a du boulot, mais ce que veut éviter votre magazine, c’est qu’on en reste à un statu quo, profitable à personne. « Deux, trois coups de chapeaux annuels ; un sourire à la distribution des prix ; parfois une scène au parloir : un joli divorce ! ».
Le changement perçu par la rédaction en 1951 s’est lentement développé dans les années qui ont suivi. Les parents ont de plus en plus été associés à la vie de l’école, de façon positive et active. Historiquement, ce petit texte a beaucoup de valeur, il est l’amorce d’un mouvement qui va modifier radicalement les rapports entre la famille et l’école.
T. D.